Publié le 25 février 2026 à 10h30. Le Parlement européen a réaffirmé son soutien à l’Ukraine en adoptant une résolution appelant à des garanties de sécurité robustes et à une accélération de son intégration au sein de l’Union européenne, malgré des divergences de vote au sein des délégations nationales.
Une résolution importante a été adoptée ce mercredi par les eurodéputés, avec 437 voix pour, 82 contre et 70 abstentions, concernant les contributions européennes à une paix juste et à une sécurité durable pour l’Ukraine. Le texte condamne fermement l’agression russe et appelle à un retrait complet du territoire ukrainien internationalement reconnu.
Avant le vote, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux parlementaires européens par visioconférence.
« Nous retenons la Russie, mais nous n’avons toujours pas de garanties de sécurité définitives. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons y parvenir, avec l’Europe et l’Amérique. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Il a souligné l’importance de l’unité transatlantique pour assurer la sécurité de l’Ukraine.
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a rappelé l’engagement continu de l’institution envers Kiev.
« Lorsque j’ai rencontré le président à Kiev, un mois seulement après l’invasion, je lui ai promis que ce Parlement soutiendrait l’Ukraine. Et quatre ans plus tard, grâce à votre engagement, chers collègues, nous n’avons pas laissé tomber l’Ukraine. »
Roberta Metsola, présidente du Parlement européen
Elle a également annoncé l’engagement de 200 milliards d’euros d’aide à l’Ukraine et l’approbation d’un prêt supplémentaire de 90 milliards d’euros pour soutenir les services publics essentiels et la défense du pays.
La résolution non législative souligne que l’avenir de l’Ukraine se situe au sein de l’Union européenne et recommande d’accélérer son intégration au marché unique. Elle appelle également l’UE et ses États membres à renforcer leur soutien militaire, politique et diplomatique à Kiev.
Les eurodéputés estiment qu’un futur accord de paix doit être soutenu par des garanties de sécurité solides, comparables à l’article 5 de l’OTAN et à l’article 42, paragraphe 7, du traité sur l’Union européenne (TUE). Ils insistent sur le fait qu’aucune décision concernant l’Ukraine ne doit être prise sans la participation active de Kiev.
Le texte exprime également des inquiétudes quant à l’approche des États-Unis en matière de négociations de paix, estimant que Washington privilégie des accords à court terme plutôt qu’une paix globale et durable. Il appelle à un découplage énergétique plus poussé avec la Russie et à un renforcement des sanctions, notamment en ce qui concerne les importations d’énergie russe.
Parmi les délégations nationales, le Mouvement 5 étoiles et Roberto Vannacci, représentant le parti Futuro Nazionale, ont voté contre la résolution. Les députés de la Ligue et de l’Alliance Verts-Gauche se sont abstenus, tout comme Marco Tarquinio du Parti démocrate. Les autres membres du Parti démocrate, ainsi que les délégations de Forza Italia et Fratelli d’Italia, et Elisabetta Gualmini, récemment rejointe à Action, ont voté en faveur du texte. Roberto Vannacci, élu au Parlement européen en 2024, est un ancien général italien d’extrême droite. Il a quitté la Ligue en février 2026 pour fonder son propre parti, Futuro Nazionale.
La résolution condamne également l’expulsion d’enfants ukrainiens vers la Russie et soutient les efforts internationaux pour leur retour, tout en demandant l’extension des sanctions contre les responsables russes impliqués dans des crimes de guerre et la désignation du groupe Wagner comme organisation terroriste.