Publié le 2025-10-27 10:30:00. Face à un marché immobilier québécois de plus en plus compétitif, un nombre croissant d’acheteurs prennent des risques en renonçant à la garantie légale, une protection essentielle contre les vices cachés.
- En 2025, 43 % des ventes résidentielles au Québec ont été conclues sans garantie légale, une augmentation significative par rapport aux 12 % enregistrés en 2011.
- À Montréal, ce chiffre atteint 34 % des transactions en 2025.
- Les experts prévoient que cette tendance à la hausse se poursuivra tant que le marché immobilier québécois restera favorable aux vendeurs.
La pression sur le marché immobilier québécois pousse de plus en plus d’acheteurs à faire des compromis, et la garantie légale est souvent la première chose à être sacrifiée. Selon de nouvelles données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), 43 % de toutes les ventes résidentielles dans la province en 2025 se sont faites sans cette protection, ce qui représente 41 517 transactions sur un total de 97 161 ventes. Ce phénomène, en constante progression au cours de la dernière décennie, témoigne de la difficulté croissante d’acquérir un bien immobilier au Québec.
La situation est particulièrement marquée à Montréal, où 34 % des 17 366 transactions résidentielles réalisées en 2025 (soit 5 917 ventes) ont été conclues sans garantie légale. « Ce que nous observons sur le marché, c’est que beaucoup de gens prennent des risques parce qu’ils veulent une maison. Il n’y a plus de maisons disponibles, c’est celle qu’ils veulent, et ils sont prêts à prendre ce risque », explique Nathalie Bégin, directrice des pratiques de courtage à l’APCIQ.
Qu’est-ce qu’une garantie légale?
La garantie légale est une protection importante pour les acheteurs. Elle les couvre contre les vices cachés, c’est-à-dire les défauts qui ne sont pas apparents lors d’une inspection standard du bien. Grâce à cette garantie, un acheteur peut demander au vendeur de réparer ces problèmes, ce qui peut lui éviter des dépenses considérables, parfois de plusieurs dizaines de milliers de dollars.
Selon Mme Bégin, les litiges entre acheteurs et vendeurs sont plus fréquents qu’on ne le pense.
« Ce n’est pas rare qu’une situation se présente. Vous vendez votre maison et, trois ans plus tard, vous recevez une lettre. C’est donc un peu effrayant. »
Nathalie Bégin, directrice des pratiques de courtage à l’APCIQ
Lorena Lopez Gonzalez, présidente de l’Association des notaires professionnels du Québec, précise que par le passé, les transactions sans garantie légale étaient généralement limitées aux ventes entre particuliers ou aux propriétés appartenant à des institutions financières. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et elle constate que l’absence de garantie ne semble pas influencer de manière significative les prix de vente.
« Au cours des cinq dernières années, le nombre de transactions sans garantie a été très, très élevé, anormalement élevé même, je dirais », a-t-elle déclaré.
Mme Lopez Gonzalez conseille aux acheteurs de privilégier la garantie légale autant que possible. Cependant, pour ceux qui choisissent de s’en passer, elle souligne l’importance de bien comprendre les conséquences, de faire réaliser une inspection approfondie du bien et d’examiner attentivement la déclaration du vendeur.
« Que signifie acheter sans garantie légale? Cela signifie que je ne peux pas me retourner contre mon vendeur s’il y a un problème avec le bien immobilier », a-t-elle expliqué.
Dans un contexte où le marché immobilier québécois continue de favoriser les vendeurs, les experts du secteur s’attendent à ce que le nombre de maisons vendues sans garantie légale ne cesse d’augmenter.