Publié le 25 février 2026 04:00:00. Le Suriname fait face à une recrudescence rapide de l’épidémie de chikungunya, avec plus de 1 150 cas signalés depuis le début de l’année et un possible deuxième décès en cours d’investigation. Les autorités sanitaires appellent la population à la vigilance et à l’action collective pour lutter contre la propagation du virus.
Au Suriname, l’épidémie de chikungunya s’intensifie. Mardi après-midi, le nombre de personnes infectées depuis la réapparition du virus en janvier atteignait 1 150, selon le groupe de travail sur la lutte contre le chikungunya, dirigé par Maureen van Dijk. Une enquête est en cours concernant un potentiel deuxième décès lié à la maladie, la cause exacte du décès restant à déterminer.
Le virus se propage à travers le pays, malgré des efforts de contrôle limités. Des pulvérisations ont été effectuées il y a deux semaines pour détruire les sites de reproduction des moustiques, mais les réserves de larvicides sont désormais épuisées. De nouveaux approvisionnements en pesticides et larvicides, notamment de la Barbade et du Brésil, sont attendus, mais la date de reprise des campagnes de pulvérisation à grande échelle reste incertaine.
À ce jour, l’infection n’a été détectée dans aucun cas dans les districts de Brokopondo, Sipaliwini et Saramacca. Les quatre districts où des cas confirmés ont été recensés sont Paramaribo (127 cas, dont le décès), Commewijne (1 cas), Nickerie (15 cas) et Wanica (7 cas). Douze patients ont dû être hospitalisés.
Le groupe de travail insiste sur l’importance de la participation citoyenne dans la lutte contre le virus. L’élimination des eaux stagnantes est primordiale, car les moustiques Aedes, vecteurs du chikungunya, peuvent se reproduire même dans de petits récipients tels que les pots de fleurs et les vases.
Les autorités recommandent également le port de vêtements protecteurs, l’utilisation de répulsifs anti-moustiques (gels, vaporisateurs, encens) et l’utilisation de moustiquaires, en particulier pour les bébés et les jeunes enfants. Les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes souffrant de comorbidités sont considérées comme des groupes à risque.
Les autorités sanitaires s’inquiètent de la pression potentielle sur le personnel soignant, également exposé au risque d’infection, en cas de propagation accrue de l’épidémie. Cependant, des cas d’évolution favorable ont été signalés chez les nourrissons infectés. Un nouveau-né, dont la mère avait été infectée pendant la grossesse, s’est rétabli grâce à une prise en charge médicale rapide. Deux autres bébés infectés ont pu quitter l’hôpital.
Les tests de diagnostic sont disponibles en quantité suffisante. Les principaux symptômes de la maladie sont la fièvre et de fortes douleurs articulaires. Les personnes présentant ces symptômes sont invitées à consulter immédiatement un médecin.
L’épidémie actuelle semble progresser plus rapidement que celle de 2014, qui avait duré environ quatre mois et comptabilisé environ 700 infections confirmées et un décès. Lors de la récente conférence de presse, le nombre de cas confirmés est passé de 983 à 1 150 en une heure, ce qui, selon les experts, témoigne de la rapidité de la propagation du virus.
Les personnes ayant déjà contracté le chikungunya sont généralement immunisées, bien que des douleurs articulaires puissent réapparaître ultérieurement. Parallèlement, les autorités sanitaires locales continuent de collecter des données sur le chikungunya et d’autres maladies transmises par les moustiques, notamment la dengue.
En outre, des cas de chikungunya ont également été signalés dans les pays voisins de la Guyane française et de la Guyane. Plus d’informations sur la situation régionale sont disponibles ici.