Publié le 2025-10-11 15:37:00. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a balisé les relations avec les États-Unis lors d’un entretien téléphonique avec Donald Trump, réaffirmant son opposition aux tarifs douaniers américains tout en prônant un dialogue respectueux et la diversification des marchés.
- Le Brésil entend privilégier la discussion et le respect mutuel dans ses relations internationales, y compris avec les États-Unis.
- Face aux nouvelles taxes douanières américaines, le Brésil explore activement des marchés alternatifs en Asie et ailleurs.
- Luiz Inácio Lula da Silva a critiqué les pays faisant preuve d’une dépendance excessive vis-à-vis de Washington, prônant la souveraineté nationale.
Lors d’un événement officiel à São Paulo, le président Lula a tenu à souligner le ton de son récent échange téléphonique avec son homologue américain, Donald Trump. La conversation, qualifiée de respectueuse, a été l’occasion pour le chef d’État brésilien de réitérer son ferme désaccord avec les nouvelles mesures tarifaires imposées par les États-Unis, qui touchent des milliers de produits brésiliens. « Le Brésil n’a aucun intérêt à se battre avec les États-Unis […] Le mieux est de s’asseoir à la table, de discuter un peu », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de relations bilatérales fondées sur la compréhension démocratique.
Dans un discours où la souveraineté commerciale était au cœur des préoccupations, le président brésilien a taclé ce qu’il a appelé les « lécheurs de bottes », faisant référence à une attitude de dépendance jugée contre-productive. « Dans le monde, personne ne respecte celui qui ne se respecte pas. Si quelqu’un croit que lécher les bottes aide, il tombera de cheval », a-t-il affirmé. Pour le président, le respect international s’acquiert par l’« autorité morale et le caractère », rejetant toute posture de subordination face aux puissances étrangères.
Face à l’augmentation de 50 % des droits de douane sur près de 4 000 produits brésiliens, effective depuis le 6 août dernier, le gouvernement brésilien ne reste pas les bras croisés. Luiz Inácio Lula da Silva a confirmé que des efforts sont déployés pour diversifier les débouchés commerciaux. « Nous les vendrons en Chine, nous les vendrons en Asie. Nous le vendrons dans n’importe quel pays du monde », a déclaré le président, annonçant par la même occasion des visites prochaines en Indonésie et en Malaisie. L’objectif de ces déplacements est de renforcer les liens économiques et d’ouvrir de nouveaux horizons pour les exportations brésiliennes.
Sur le plan personnel, le président brésilien a révélé que l’échange avec Donald Trump avait également abordé des sujets plus informels, tels que leur âge commun. « Je lui ai dit qu’il venait d’avoir 80 ans et qu’il est sur le point d’en avoir 80. Nous devons donner l’exemple de respect et de dialogue », a-t-il partagé. Il a insisté sur le rôle des dirigeants mondiaux dans la diffusion d’un message d’harmonie plutôt que de discorde. Le président a enfin martelé que les divergences devaient être réglées par la démocratie, sans tabous : « Il n’y a pas de sujets interdits dont je puisse parler. »