Publié le 18 février 2024 13h33. Avec l’arrivée de l’hiver et la diminution de l’ensoleillement, de nombreuses personnes ressentent un coup de blues. Mais au-delà de la simple tristesse saisonnière, le trouble affectif saisonnier (TAS) est une forme de dépression qui nécessite une attention particulière, touchant aussi bien les adultes que les enfants.
- Le TAS se manifeste souvent par un repli sur soi, une perte d’intérêt, des troubles du sommeil et une envie accrue d’aliments réconfortants.
- Les causes du TAS sont liées à la perturbation du rythme circadien et à la production de mélatonine et de sérotonine, influencées par la lumière du soleil.
- Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée, incluant l’exposition à la lumière, l’exercice physique et, si nécessaire, un traitement médicamenteux, peuvent améliorer significativement la qualité de vie des personnes atteintes.
Si le « blues hivernal » est une sensation courante, caractérisée par une baisse de moral liée aux journées courtes et au manque de lumière, le trouble affectif saisonnier (TAS) est une pathologie bien distincte. Il s’agit d’une forme de dépression dont les symptômes apparaissent et disparaissent en fonction des saisons. Bien que plus fréquemment associé à l’hiver, le TAS peut également se manifester au printemps ou en été, bien que les symptômes soient alors différents.
Le TAS se développe généralement au début de l’âge adulte, mais il peut également toucher les enfants et les adolescents. Les femmes sont plus souvent diagnostiquées, mais les hommes peuvent présenter des symptômes plus sévères. Les personnes ayant des antécédents familiaux de dépression saisonnière ou vivant dans des régions où l’ensoleillement hivernal est faible sont également plus à risque.
Les symptômes du TAS varient d’une personne à l’autre, mais incluent souvent un retrait social, une perte d’intérêt pour les activités habituellement appréciées, des difficultés de sommeil, une fatigue persistante, une perte d’appétit ou, au contraire, une envie irrésistible d’aliments riches en glucides. Cette dernière tendance peut entraîner une prise de poids et aggraver la fatigue. L’anxiété et l’irritabilité sont également des symptômes fréquents, particulièrement dans les formes printanières ou estivales du TAS.
Les chercheurs estiment que le TAS est lié à une perturbation du rythme circadien, l’horloge biologique interne qui régule le sommeil et l’éveil. La diminution de la lumière du soleil en hiver peut perturber cette horloge, entraînant des déséquilibres chimiques dans le cerveau. La lumière solaire joue un rôle crucial dans la production de mélatonine, l’hormone du sommeil, et de sérotonine, un neurotransmetteur qui régule l’humeur. En hiver, la production de mélatonine augmente et celle de sérotonine diminue, ce qui peut favoriser l’apparition de la dépression.
Le diagnostic du TAS peut être complexe, notamment chez les enfants, car les troubles de l’humeur peuvent se manifester progressivement. Les médecins procèdent généralement à un examen médical pour exclure d’autres causes possibles des symptômes, puis évaluent l’évolution des troubles sur une période d’au moins deux ans. Un diagnostic de TAS est posé si la personne répond aux critères d’un trouble dépressif et présente un schéma saisonnier de symptômes.
Plusieurs traitements peuvent soulager les symptômes du TAS. L’exposition à la lumière, que ce soit par l’ouverture des rideaux, le temps passé à l’extérieur, la luminothérapie ou l’utilisation d’un simulateur d’aube, est souvent recommandée. L’exercice physique régulier et une alimentation équilibrée peuvent également contribuer à améliorer l’humeur. Dans certains cas, un traitement antidépresseur peut être prescrit pour réguler les niveaux de sérotonine et d’autres neurotransmetteurs. Cependant, il est important de noter que les antidépresseurs peuvent entraîner des effets secondaires, notamment un risque accru de pensées suicidaires, et nécessitent une surveillance médicale attentive.
Il est essentiel de prendre au sérieux les symptômes du TAS, qu’ils soient observés chez soi ou chez un enfant. Une prise en charge précoce et adaptée peut transformer les journées sombres de l’hiver en une période plus agréable. Si les symptômes persistent ou interfèrent avec la vie quotidienne, il est important de consulter un médecin, notamment le pédiatre de l’enfant, pour obtenir un diagnostic précis et un plan de traitement approprié.
(Adams est pédiatre et porte-parole nationale de l’American Academy of Pediatrics. Elle anime également le podcast Growing Up with Dr. Sarah, où elle partage des conseils pratiques et fondés sur des preuves pour soutenir la santé et le bien-être des enfants.)