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Démence : 5 000 pas par jour suffisent – Comment l’exercice peut ralentir la maladie d’Alzheimer

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Publié le 2025-11-07 14:41:00. Une étude récente suggère qu’un nombre modeste de pas quotidiens pourrait significativement ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, même chez les personnes présentant déjà des signes précoces de la maladie dans leur cerveau.

  • Marcher 3 000 pas par jour suffirait à limiter l’accumulation des protéines tau responsables de la maladie.
  • Entre 5 000 et 7 500 pas quotidiens démontreraient un effet encore plus marqué sur la protection cognitive.
  • L’activité physique pourrait ralentir la détérioration cérébrale et préserver les fonctions mentales sur plusieurs années.

Des chercheurs ont analysé l’impact de l’activité physique sur le cerveau de près de 300 personnes âgées, dont 88 souffraient d’une démence préclinique liée à la maladie d’Alzheimer. Chez ces participants, malgré l’absence de symptômes, des accumulations de plaques bêta-amyloïdes étaient déjà détectées. Les résultats, publiés dans la revue spécialisée *Médecine naturelle*, révèlent que les personnes physiquement actives voient la protéine tau, un marqueur clé de la progression de la maladie, s’accumuler plus lentement dans leur cerveau.

Cette découverte est particulièrement encourageante car elle suggère que même à un stade où des altérations cérébrales sont déjà présentes, l’exercice peut jouer un rôle protecteur. Le Dr Emrah Düzel de l’hôpital universitaire de Magdebourg, qui n’a pas participé à l’étude, souligne que l’activité physique semble ralentir la propagation de ces changements au fil des ans, contribuant ainsi à la préservation des performances mentales. En Allemagne, environ un million de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer, une affection neurodégénérative dont les causes exactes ne sont pas encore totalement élucidées, mais pour laquelle des facteurs de risque tels que le diabète, les troubles du sommeil et la dépression sont connus.

Les chercheurs émettent plusieurs hypothèses pour expliquer ces bienfaits. D’une part, la marche régulière stimulerait les fonctions cognitives : elle implique navigation, orientation et interaction avec l’environnement. D’autre part, elle améliorerait la santé cardiovasculaire. De plus, une activité physique accrue favoriserait la libération de facteurs de croissance et de protection sanguins, qui auraient un impact positif sur le cerveau et ralentiraient la progression de la protéine Tau.

La marche, un entraînement pour le cerveau

L’étude, qui a mesuré le nombre de pas quotidiens des participants au début de la recherche, a révélé une corrélation significative : plus le nombre de pas était élevé, plus l’accumulation de la protéine tau était lente. Cela se traduirait par un déclin cognitif retardé, parfois de plusieurs années. Les conclusions de l’équipe dirigée par Wai-Ying Wendy Yau du Mass General Brigham à Boston suggèrent que « chaque pas compte – et même de petites augmentations de l’activité quotidienne peuvent entraîner des changements durables dans les habitudes et la santé au fil du temps ».

Cependant, le Dr Düzel nuance ces résultats en soulignant une limite de l’étude : le nombre de pas n’a été mesuré qu’une seule fois. La quantité d’exercice réalisée par les participants au cours des années suivantes reste donc largement inconnue. Il met en garde contre l’interprétation stricte du seuil de 5 000 à 7 000 pas, affirmant qu’il « ne conclurait certainement pas que plus d’exercice n’est pas nécessaire ». L’activité physique plus intense, comme le jogging ou la danse, pourrait potentiellement offrir des bénéfices supplémentaires.

Il est également probable que d’autres facteurs jouent un rôle. « Outre l’activité physique, le fait qu’un nombre accru de pas conduise à un mode de vie plus actif sur le plan cognitif peut jouer un rôle », explique le Dr Düzel. « La marche nécessite de la planification, de l’orientation, de la mémoire et un certain nombre d’autres facteurs cognitifs. »

Les experts recommandent donc d’intégrer ces conclusions dans les habitudes de vie. Maintenir un objectif de 5 000 à 7 000 pas par jour est conseillé, idéalement en combinant les promenades avec la découverte de nouveaux environnements. Des activités plus intenses comme le vélo, la danse ou le jogging pourraient également être bénéfiques grâce à leur intensité et à la stimulation cérébrale qu’elles procurent.

« Il est important que l’activité physique soit pratiquée régulièrement et d’une manière qui convient à chaque individu, c’est-à-dire sous une forme agréable et facilement intégrée dans la vie quotidienne », ajoute René Thyrian du Centre allemand des maladies neurodégénératives de Greifswald. Il rappelle par ailleurs que si l’exercice est crucial pour la santé cérébrale, il ne doit pas occulter d’autres facteurs essentiels tels que l’activité mentale, les interactions sociales, une consommation modérée d’alcool et une alimentation saine, qui contribuent également à un effet protecteur.

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