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Des analyses de sang révèlent des produits chimiques permanents près de la base du Nouveau-Mexique

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Publié le 2025-10-25 00:50:00. Une étude menée dans le Nouveau-Mexique révèle une contamination généralisée par les PFAS, surnommés « produits chimiques éternels », affectant près de 100% des participants, avec des concentrations particulièrement élevées près de la base aérienne de Cannon.

  • Près de 99,7 % des participants à une étude dans le Nouveau-Mexique ont des traces de PFAS dans le sang, avec des niveaux significativement plus élevés pour les résidents vivant près d’une base militaire.
  • Ces substances chimiques, utilisées dans de nombreux produits du quotidien, sont associées à divers problèmes de santé, dont des risques accrus de certains cancers et de maladies cardiovasculaires.
  • L’État du Nouveau-Mexique mène une action en justice contre le ministère de la Défense américain pour la contamination des eaux souterraines, tandis que de nouvelles mesures visent à fournir de l’eau potable aux populations touchées.

Le Nouveau-Mexique se retrouve au cœur d’une bataille environnementale et sanitaire majeure. Une enquête sans précédent, dotée d’un budget de 1,2 million de dollars, a révélé qu’une quasi-totalité des habitants testés, soit 99,7 % des près de 630 participants, présentaient des traces de substances perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles (PFAS) dans leur organisme. Ces composés chimiques, notoirement résistants à la dégradation, se retrouvent dans notre environnement et notre corps, issus d’une multitude de produits, des emballages alimentaires aux textiles en passant par les mousses anti-incendie.

La situation est particulièrement préoccupante pour les personnes résidant ou travaillant à proximité de la base aérienne de Cannon, où l’utilisation de mousses anti-incendie chargées de PFAS a entraîné une contamination étendue au-delà des limites du site militaire. Les résultats de l’étude, partagés lors d’une réunion publique, ont révélé que certains habitants de la zone touchée affichent des concentrations de PFAS considérablement plus élevées que la moyenne nationale. Près d’un quart de ces résidents ont des niveaux atteignant le seuil le plus élevé des directives nationales, suggérant une corrélation directe avec la migration de la contamination depuis la base.

James Kenney, secrétaire à l’Environnement du Nouveau-Mexique, a réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir les communautés affectées, tout en soulignant les défis juridiques. « Nous avons besoin que l’ensemble du Nouveau-Mexique se lève et dise que nous en avons fini avec cela », a-t-il déclaré, faisant référence au litige en cours avec le ministère américain de la Défense concernant la gestion des dégâts environnementaux causés par la contamination. Les relevés des eaux souterraines autour de la base aérienne de Cannon montrent des concentrations de PFAS dépassant de plus de 650 000 % les normes nationales et fédérales en matière d’eau potable, atteignant 26 200 parties par milliard. La base a déjà investi plus de 73 millions de dollars dans la recherche et le traitement de ces eaux contaminées.

L’exposition aux PFAS est associée à une série de problèmes de santé, incluant une augmentation du cholestérol, une diminution du poids à la naissance, des risques de cancer du rein et des testicules, ainsi que des altérations des enzymes hépatiques. Des études indiquent que ces substances peuvent persister dans le sang pendant plusieurs années, la demi-vie de nombreux PFAS dans l’organisme humain pouvant s’étendre de quelques semaines à plusieurs années sans exposition continue. Tasha Stoiber, scientifique principale au Environmental Working Group, souligne la complexité d’établir un lien de causalité direct entre l’exposition et les effets sur la santé, en raison des nombreux facteurs individuels en jeu, tels que l’âge, le lieu de vie, l’alimentation et l’environnement professionnel.

Les données collectées dans le comté de Curry confirment ces tendances, montrant une augmentation des niveaux de PFAS avec l’âge, des concentrations plus élevées chez les hommes, et des niveaux particulièrement marqués chez ceux ayant eu une carrière militaire ou aéronautique. En réponse à cette situation, l’État a lancé un programme de 12 millions de dollars visant à raccorder environ 100 utilisateurs de puits privés du comté rural de Curry à un système d’eau potable conforme aux normes.

La contamination par les PFAS ne se limite pas au Nouveau-Mexique ; des groupes de surveillance nationaux alertent sur une propagation plus large que ce que l’on pensait initialement. Des cartes compilant les données de l’EPA et des États recensent des points de contamination dans de nombreux systèmes d’eau potable à travers le pays, et des centaines de bases militaires sont également concernées. L’État mène une autre enquête sanitaire près d’un lac du sud du Nouveau-Mexique, où des niveaux de PFAS parmi les plus élevés jamais enregistrés dans la faune et la flore ont été documentés. À Clovis, les résidents expriment leur profonde frustration face aux répercussions économiques, notamment la dévaluation des biens immobiliers et la menace qui pèse sur les moyens de subsistance ruraux.

Le Nouveau-Mexique fait partie des nombreux plaignants engagés dans une action judiciaire fédérale visant à tenir les fabricants et utilisateurs de mousses anti-incendie à base de PFAS responsables de la contamination à l’échelle nationale. Parallèlement, plusieurs États adoptent leurs propres réglementations, tandis que le cadre réglementaire fédéral évolue. Le Nouveau-Mexique a récemment organisé un webinaire sur sa nouvelle loi, qui prévoit une élimination progressive, puis une interdiction, de la vente de produits contenant des PFAS ajoutés intentionnellement.

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