Publié le 9 février 2026 à 19h05 : L’eau, essentielle à la vie sur Terre, ne proviendrait pas d’asteroïdes comme on le pensait, mais serait piégée au plus profond du manteau terrestre depuis la formation de la planète, selon une équipe de chercheurs chinois.
- Une équipe chinoise a découvert que le minéral bridgmanite, le plus abondant dans le manteau terrestre, agit comme un réservoir d’eau microscopique.
- Cette eau emprisonnée pourrait représenter entre 0,08 et l’équivalent du volume de tous les océans actuels.
- La présence de cette eau a joué un rôle crucial dans la transformation de la Terre d’une planète en fusion à un monde habitable.
Depuis des décennies, la question de l’origine de l’eau sur Terre fascine les scientifiques. Il y a 4,6 milliards d’années, notre planète était un amas de magma bouillant, constamment bombardé par des astéroïdes. Dans un tel environnement, l’eau liquide ne pouvait tout simplement pas exister. Pourtant, aujourd’hui, les océans recouvrent 70 % de la surface terrestre. Comment l’eau a-t-elle survécu à cette transition radicale ?
Une équipe de recherche de l’Institut de géochimie de Guangzhou, relevant de l’Académie chinoise des sciences, pense avoir trouvé la réponse. Leurs travaux, publiés dans la revue Science, suggèrent que d’importantes quantités d’eau étaient « emprisonnées » dans le manteau terrestre lors de sa cristallisation à partir de l’état fondu.
Les chercheurs ont découvert que le bridgmanite – le minéral le plus commun dans le manteau terrestre – possède une capacité unique à retenir l’eau à l’échelle microscopique. Selon un communiqué, il agit comme un véritable « récipient d’eau ». Cette capacité a permis à la Terre primitive de stocker d’importantes quantités d’eau au fur et à mesure que la planète se solidifiait.
L’équipe a modélisé la cristallisation de l’océan magmatique et estime que la capacité de rétention d’eau du bridgmanite augmente considérablement avec la température. Ainsi, lors de la phase la plus chaude de la formation de la Terre, ce minéral a pu stocker une quantité d’eau bien supérieure à ce que l’on pensait auparavant. Selon leurs estimations, le manteau inférieur pourrait contenir entre 0,08 et l’équivalent du volume de tous les océans actuels.
Cette eau emprisonnée n’est pas restée inactive. Elle a agi comme un « lubrifiant » pour le moteur géologique de la Terre, abaissant le point de fusion des roches du manteau et favorisant la circulation interne et le mouvement des plaques tectoniques. Ce processus a contribué à la vitalité évolutive continue de la planète.
Au fil du temps, cette eau a été progressivement libérée à la surface par l’activité magmatique, participant à la formation de l’atmosphère et des océans primordiaux. Selon l’équipe de recherche, cette eau emprisonnée a joué un rôle crucial dans la transformation de notre planète d’un enfer magmatique en un monde bleu et propice à la vie.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont dû simuler des conditions extrêmes, à plus de 660 kilomètres de profondeur, et détecter de minuscules quantités d’eau dans des échantillons de moins d’un dixième de la largeur d’un cheveu humain – à des concentrations de seulement quelques centaines de parties par million. Ils ont développé des méthodes innovantes pour analyser l’eau à l’échelle micrométrique et nanométrique, confirmant ainsi sa présence structurelle dans le bridgmanite.
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