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Des chercheurs de Greifswald expliquent les caillots sanguins après la vaccination contre le COVID-19

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Publié le 12 février 2026 à 12h21. Des chercheurs de l’Université de Greifswald ont identifié un mécanisme rare expliquant la formation de caillots sanguins cérébraux observés après la vaccination contre la COVID-19 avec des vecteurs adénoviraux, ouvrant la voie à des vaccins potentiellement plus sûrs.

  • Une équipe de recherche internationale a découvert que des anticorps préexistants contre l’adénovirus, combinés à une mutation génétique rare, peuvent activer les plaquettes sanguines et provoquer des thromboses.
  • L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, pourrait permettre de modifier les vaccins vectoriels pour éliminer ce risque.
  • Les chercheurs soulignent que la combinaison de facteurs nécessaires à cette complication est extrêmement rare, rendant le risque global très faible.

Une équipe de scientifiques de l’Université de Greifswald, en collaboration avec des partenaires australiens et canadiens, a mis en lumière un processus immunologique complexe à l’origine de rares cas de thrombose veineuse cérébrale (TVC) survenus après la vaccination contre la COVID-19 avec des vaccins utilisant un vecteur adénoviral. Cette découverte, publiée dans la prestigieuse revue New England Journal of Medicine, pourrait avoir des implications importantes pour la sécurité des futurs vaccins.

En 2021, au plus fort de la pandémie, l’équipe du professeur Andreas Greinacher avait déjà attiré l’attention internationale en identifiant la cause de ces caillots sanguins exceptionnels. Les recherches menées depuis ont révélé que la plupart des individus possèdent des anticorps contre l’adénovirus, un virus courant responsable du rhume. Ces anticorps, développés suite à des infections antérieures, ciblent une protéine spécifique du virus, la protéine VII.

Dans de très rares cas, une mutation génétique aléatoire peut survenir dans les cellules produisant ces anticorps. Chez les personnes prédisposées génétiquement, cette mutation modifie la façon dont les anticorps se lient à la protéine VII. Au lieu de se fixer à leur cible habituelle, ils se lient alors de manière anormale au facteur plaquettaire 4, activant ainsi les plaquettes sanguines et déclenchant la formation de caillots.

« C’est comme si on changeait une pièce d’un puzzle et que cette pièce s’insérait ensuite dans un autre puzzle », explique la Dre Linda Schönborn, co-auteure de l’étude et médecin adjointe au service de médecine transfusionnelle du centre médical universitaire de Greifswald.

Dre Linda Schönborn, médecin adjointe au service de médecine transfusionnelle du centre médical universitaire de Greifswald

La recherche a été rendue possible grâce à la participation de patients touchés provenant de toute l’Allemagne, qui ont généreusement fourni des échantillons de sang. Cette collaboration a permis aux chercheurs d’analyser en détail les processus immunologiques impliqués et d’élucider le mécanisme sous-jacent.

Les implications de cette découverte sont considérables. Selon le professeur Greinacher, il est désormais possible de modifier spécifiquement la partie de la protéine VII du vaccin responsable de cette interaction anormale, rendant ainsi les vaccins vectoriels plus sûrs pour tous. Cette avancée est particulièrement pertinente dans les régions où des maladies infectieuses potentiellement mortelles, telles qu’Ebola, restent une menace.

Pour en savoir plus :
Site web avec vidéos explicatives
Article original dans le New England Journal of Medicine

Image : L’équipe de recherche dirigée par le professeur Greinacher (de gauche à droite : Dre Linda Schönborn, Professeur Andreas Greinacher, Professeur Thomas Thiele, Dre Luisa Müller et Dipl.-Biol. Jan Wesche).
Photo : Centre médical universitaire de Greifswald/Annina Rehbein

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Contacts scientifiques :

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andreas.greinacher@med.uni-greifswald.de


Publication originale :

Antigène incitant l’adénovirus et hypermutation somatique dans le VITT
Publié le 11 février 2026
N Engl J Med 2026;394:669-683
DOI : 10.1056/NEJMoa2514824


Informations complémentaires :

https://www.unimedizin-greifswald.de/de/forschung/neues-aus-der-wissenschaft/2025/imstoffnochsicherermachen/
https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2514824


Mots-clés de ce communiqué de presse :
Journalistes, scientifiques
Biologie, nutrition/santé/soins, médecine
Niveau national
Résultats de recherche, publications scientifiques


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