Publié le 2025-10-17 16:59:00. Des chercheurs américains ont développé une technique d’imagerie par résonance magnétique (IRM) non invasive capable de visualiser pour la première fois les mouvements des vaisseaux sanguins cérébraux au rythme du cœur. Cette avancée pourrait révolutionner la compréhension du vieillissement cérébral et ouvrir de nouvelles voies dans la lutte contre des maladies neurodégénératives comme Alzheimer.
- Une nouvelle méthode d’IRM permet de mesurer les pulsations des minuscules vaisseaux sanguins du cerveau.
- Les chercheurs ont observé une augmentation significative de ces pulsations avec l’âge, particulièrement chez les personnes hypertendues.
- Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre le lien entre les modifications vasculaires et le risque de démence.
Au rythme des battements cardiaques, le cerveau est parcouru par un flux sanguin constant, vital pour son approvisionnement en oxygène et l’élimination des déchets. Jusqu’à présent, la visualisation des micro-mouvements de ces vaisseaux, qui se dilatent et se contractent à chaque pulsation, restait hors de portée chez l’humain vivant. C’est désormais chose faite grâce à une percée de l’Université de Californie du Sud (USC).
« La pulsation des artères est comme une pompe naturelle du cerveau », explique Danny Wang, neurologue à l’USC. « Cela aide à déplacer les fluides et à éliminer les déchets. Aujourd’hui, pour la première fois chez des humains vivants, nous pouvons observer comment ces minuscules vaisseaux changent avec l’âge. » Cette nouvelle technique, publiée dans la revue Nature Cardiovascular Research, combine deux approches d’IRM avancées : VASO (Vascular Space Occupancy) et ASL (Arterial Spin Labeling). Elle permet de détecter des variations minimes de volume au sein des microvaisseaux tout au long du cycle cardiaque.
L’équipe de recherche a ainsi analysé les cerveaux de participants jeunes (20-30 ans) et plus âgés (55-65 ans). Les résultats révèlent une augmentation notable des mouvements de pulsation dans la substance blanche – la région du cerveau assurant les connexions nerveuses – avec l’avancée en âge. Cet effet était particulièrement marqué chez les participants souffrant d’hypertension artérielle. « Nos résultats concordent avec des études animales antérieures montrant que les vaisseaux du tissu cérébral blanc se dilatent et se contractent davantage tout au long de la vie », précise Fanhua Guo, neuroscientifique à l’USC et auteur principal de l’étude.
Si les raisons exactes de cette augmentation des pulsations ne sont pas encore totalement élucidées, une hypothèse suggère une diminution de la densité du réseau vasculaire cérébral avec l’âge. Les artères restantes compenseraient alors en « pompant » plus fort pour absorber les ondes de pression sanguine. Ces pulsations excessives pourraient potentiellement gêner la circulation du liquide céphalo-rachidien, essentiel à l’élimination de protéines comme la bêta-amyloïde, dont l’accumulation est observée chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Des travaux antérieurs avaient déjà établi un lien entre des pulsations accentuées dans les artères cérébrales majeures et le déclin cognitif, ainsi qu’un risque accru de démence.
Cette nouvelle méthodologie représente une avancée majeure, permettant d’observer la dynamique des plus petits vaisseaux sanguins du cerveau humain vivant sans intervention chirurgicale. À terme, elle pourrait devenir un outil précieux pour le diagnostic précoce de maladies neurodégénératives et le suivi de leur progression. « Ce n’est que le début », affirme Danny Wang. « Notre objectif est d’amener cette technologie du laboratoire de recherche à la pratique clinique – afin qu’elle puisse un jour aider à diagnostiquer, prévenir et traiter la démence. »