Publié le 03/10/2025 07:16:00. Des dizaines d’élèves du lycée professionnel (SMK) Pasundan 2 à Bandung, en Indonésie, seraient victimes de harcèlement sexuel de la part d’enseignants. Quatre élèves ont officiellement porté plainte auprès de la police, tandis que des groupes de soutien rapportent un nombre de victimes beaucoup plus élevé.
- Plus de 40 victimes présumées recensées par des associations de soutien.
- Quatre plaintes déposées auprès de la police de Bandung.
- L’établissement affirme avoir suspendu six employés et ouvert un poste de recueil de témoignages.
L’affaire de harcèlement sexuel présumé secoue le lycée professionnel Pasundan 2 de Bandung, dans la province de Java occidental. Selon des groupes de défense des victimes, une quarantaine d’élèves seraient concernées par des agissements inappropriés de la part d’enseignants. Parmi elles, quatre jeunes filles ont décidé de franchir le pas et de déposer une plainte officielle auprès des autorités policières de Bandung.
Ces allégations font état d’agressions et de propos déplacés commis par plusieurs membres du corps enseignant. L’un des professeurs visés, identifié par ses initiales A, aurait outrepassé les limites professionnelles en tenant des conversations à caractère sexuel, en touchant des élèves de manière inappropriée et en leur adressant des commentaires obscènes.
« *Tu veux que je te fasse un chemin, ça fait longtemps que je ne suis pas orgasmé, je veux être avec ma femme* », aurait ainsi tenu un enseignant, selon le témoignage d’un ancien élève. Ce dernier affirme avoir été victime de harcèlement, mais s’être heurté à une demande de preuves de la part de la direction de l’établissement, qui aurait menacé de porter plainte pour diffamation en l’absence de celle-ci.
Les révélations ont débuté il y a quelques jours, suite à une prise de parole de certains élèves. Ces témoignages auraient incité d’autres victimes, jusque-là silencieuses par peur ou par intimidation, à se manifester. Un ancien élève, qui avait initialement porté plainte, aurait même retiré sa déposition et quitté l’établissement sous la pression présumée de son entourage familial, inquiet des conséquences.
Face à l’ampleur prise par l’affaire, la direction du SMK Pasundan 2 a réagi. Le directeur, Aep Suparlan, a déclaré que six personnes suspectées de harcèlement, dont quatre enseignants, un concierge et un agent de sécurité, ont été suspendues. L’établissement aurait également mis en place une cellule d’écoute pour recueillir les témoignages des élèves, rapportant une quinzaine de signalements à ce jour. Le directeur a toutefois fermement démenti toute tentative d’intimidation ou de dissimulation des faits.
Parallèlement, le commissaire principal Budi Sartono, chef de la police de Bandung, a confirmé avoir reçu quatre plaintes et a annoncé la constitution d’une équipe spéciale chargée d’enquêter sur ces allégations. Cette équipe inclura des représentants de la police, du corps enseignant et des agents de sécurité. « *Nous avons formé une équipe spéciale pour que cette affaire soit traitée avec sérieux et célérité. Dès que nous obtiendrons des éléments concrets, nous communiquerons sur l’avancée de l’enquête* », a-t-il précisé.