Publié le 2025-10-10 13:04:00. Les médicaments agonistes du GLP-1, couramment prescrits pour le diabète et la perte de poids, pourraient potentiellement fausser l’interprétation des examens d’imagerie médicale tels que la TEP et la tomodensitométrie (scanner). Une étude préliminaire suggère une « prise inhabituelle » d’activité qui pourrait être confondue avec des signes de maladie, alertant ainsi les professionnels de santé.
- Des chercheurs ont identifié des anomalies dans des examens d’imagerie chez des patients sous traitement par agonistes du GLP-1.
- Ces résultats atypiques pourraient entraîner des diagnostics erronés, des examens supplémentaires inutiles et du stress pour les patients.
- Les équipes d’imagerie médicale sont invitées à prendre en compte cette interaction médicamenteuse lors de l’interprétation des résultats.
Les agonistes du GLP-1, incluant des médicaments largement utilisés comme Ozempic, Wegovy, Mounjaro et Zepbound, ont révolutionné la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité. Cependant, une nouvelle étude, présentée lors du 38e Congrès annuel de l’Association européenne de médecine nucléaire à Barcelone, met en lumière un effet secondaire jusqu’alors insoupçonné : une interférence potentielle avec certaines techniques d’imagerie médicale.
Les tomodensitogrammes (scanners) et les tomographies par émission de positrons (TEP) sont des outils diagnostiques essentiels. Les premiers fournissent des images internes détaillées pour détecter des anomalies telles que des blessures ou des tumeurs, tandis que les seconds permettent d’évaluer l’activité des organes et des tissus, notamment pour le dépistage du cancer ou le suivi des traitements. Or, les recherches menées par le Dr Peter Strouhal et son équipe d’Alliance Medical Ltd au Royaume-Uni ont révélé des « résultats d’analyse atypiques » chez des patients sous traitement par agonistes du GLP-1. Ces résultats, décrits comme une « prise inhabituelle », pourraient être interprétés à tort comme des signes de maladie.
« Nous avons remarqué une prise inhabituelle chez l’un de nos patients sous agoniste du GLP-1, ce qui a incité à un examen plus large au sein de notre réseau. Nous avons constaté que ces modèles modifiés sont de plus en plus courants, mais il n’existe actuellement aucune directive nationale ou internationale au Royaume-Uni pour résoudre ce problème émergent. »
Dr Peter Strouhal, directeur médical d’Alliance Medical Ltd
Selon le communiqué de presse de l’étude, une mauvaise interprétation de ces images pourrait conduire à des examens complémentaires non nécessaires, à des évaluations incorrectes du cancer et, par conséquent, à des retards dans le traitement, générant ainsi du stress et de l’anxiété chez les patients. « Connaître comment les médicaments GLP-1 peuvent affecter les images scannées aide les médecins à éviter toute confusion et procédures inutiles, afin que les patients reçoivent les soins appropriés rapidement et en toute confiance », a souligné le Dr Strouhal.
Malgré ces observations, les chercheurs ne recommandent pas aux patients d’interrompre leur traitement par GLP-1 avant un examen. Ils insistent toutefois sur la nécessité pour les équipes d’imagerie de prendre en compte la médication des patients lors de l’interprétation des clichés.
Des experts externes ont commenté ces découvertes. La Dre Sue Decotiis, spécialiste de la perte de poids, a précisé que les résultats restaient « très préliminaires » et qu’il était crucial de recueillir davantage de données pour comprendre précisément les effets observés. Adam Wolfberg, médecin-chef chez Virta Health, a quant à lui expliqué que les agonistes du GLP-1 modifient le métabolisme du glucose, substance utilisée comme traceur dans les examens TEP. « L’absorption de l’agent – une sorte de ‘colorant’ métabolique – peut être affectée », a-t-il indiqué, ajoutant que l’interprétation des images « nécessiterait une connaissance de ce contexte clinique ». Il a toutefois minimisé l’impact potentiel de cette découverte, rappelant que les examens sont toujours interprétés en tenant compte de l’historique médical complet du patient.
L’équipe de recherche prévoit de collecter davantage de données auprès de centres d’imagerie mondiaux pour confirmer et étayer ces observations. Les fabricants de ces médicaments ont été contactés pour obtenir leurs commentaires.