Publié le 22 février 2026 18:51:00. Une étude récente révèle la présence de microplastiques dans les capsules d’œufs de requins, soulevant des inquiétudes quant à l’exposition de ces animaux à la pollution plastique dès les premiers stades de leur développement.
Des recherches menées par des scientifiques néo-zélandais et tahitiens ont mis en évidence une contamination insoupçonnée : la présence de microplastiques dans les oothèques, les capsules protectrices des embryons de plusieurs espèces de requins. Cette découverte, documentée dans une étude récente, souligne l’omniprésence de la pollution plastique dans les écosystèmes marins et ses conséquences potentielles sur la faune.
L’étude, relayée par Forbes, a examiné les capsules d’œufs de deux espèces ovipares : le requin bambou de Hasselt (Chiloscyllium hasseltii) et le requin chat corail (Atelomycterus marmoratus). Les chercheurs ont systématiquement détecté la présence de microplastiques dans ces capsules, soulevant des questions sur l’exposition précoce des requins à ces contaminants.
Les microplastiques sont définis comme des fragments de plastique de moins de cinq millimètres. Ils se divisent en deux catégories principales : les microplastiques primaires, fabriqués intentionnellement à cette taille (comme les microbilles dans certains produits cosmétiques), et les microplastiques secondaires, résultant de la dégradation de déchets plastiques plus importants.
La présence de ces particules a déjà été documentée dans de nombreux organismes vivants, y compris chez l’humain, avec des traces retrouvées dans des organes vitaux tels que le cerveau, les testicules, le placenta et même le lait maternel, selon Forbes.

En moyenne, les chercheurs ont identifié environ 21 particules par oothèque de requin bambou de Hasselt et 16 pour le requin chat corail. L’étude a également observé une corrélation entre la quantité de microplastiques et la masse du sac vitellin, la principale source de nutrition pour l’embryon.
Les oothèques, surnommées « sacs de sirène », constituent la première ligne de défense pour l’embryon de requin, assurant sa protection pendant plusieurs mois jusqu’à l’éclosion.
Les requins, situés au sommet de la chaîne alimentaire marine, jouent un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes océaniques. Le biologiste marin a souligné que ces animaux sont déjà confrontés à de nombreuses menaces, telles que la surpêche, la dégradation de leur habitat et le changement climatique. La contamination par les microplastiques représente un facteur de stress supplémentaire, affectant potentiellement leur développement dès les premiers stades de leur vie.

Les chercheurs soulignent que si l’étude ne permet pas encore de conclure à des dommages spécifiques au développement des embryons, il est crucial d’évaluer les effets physiologiques et écologiques de ces contaminants. Ils suggèrent que les microplastiques pourraient interférer avec l’échange d’oxygène à l’intérieur de l’oothèque et introduire des substances toxiques dans l’environnement de l’embryon.
La majorité des particules identifiées étaient des fibres, dont beaucoup étaient de couleur foncée. La rayonne, un polymère souvent présenté comme semi-synthétique ou d’origine végétale, était le principal type de plastique détecté. Ces fibres proviennent principalement des vêtements et textiles lors du lavage, et finissent par atteindre les océans via les réseaux d’égouts.
Cette découverte renforce l’urgence de réduire la production de plastique et d’améliorer la gestion des déchets, ainsi que de repenser la conception et l’utilisation des matériaux qui finissent dans les océans. Elle pourrait également influencer les futures réglementations concernant les textiles, les eaux usées et les produits en plastique.