Home Santé Des milliers de nouvelles mères en Angleterre sont réadmises à l’hôpital après la naissance, selon les chiffres | Accouchement

Des milliers de nouvelles mères en Angleterre sont réadmises à l’hôpital après la naissance, selon les chiffres | Accouchement

0 comments 73 views

Publié le 2025-10-18 09:31:00. Des milliers de nouvelles mères sont hospitalisées à nouveau chaque année au Royaume-Uni, soulevant des inquiétudes quant à la qualité des soins postnataux et aux conséquences d’une sortie de maternité trop précoce. Ces réadmissions, dont le nombre reste significatif, mettent en lumière des lacunes potentielles dans la prise en charge des complications liées à l’accouchement.

  • 14 630 nouvelles mères ont été réhospitalisées dans les 30 jours suivant leur retour à domicile au cours des douze derniers mois.
  • Sur la période avril-juin 2025, une nouvelle mère sur vingt a nécessité une réadmission peu après sa sortie de maternité.
  • Une augmentation de 16 % des déchirures périnéales graves (troisième et quatrième degrés) a été observée entre juin 2020 et juin 2025.

Les chiffres révèlent une réalité préoccupante : près de 15 000 nouvelles mères ont dû être réadmissibles à l’hôpital dans les 30 jours suivant leur retour à domicile au cours de la dernière année enregistrée, soit une moyenne de 40 femmes par jour. Cette situation, documentée pour la première fois sous sa forme actuelle depuis 2024, empêche des comparaisons directes avec les années précédentes, mais met en évidence un problème persistant dans les services de maternité du National Health Service (NHS) en Angleterre.

L’une des conséquences d’une sortie précoce de l’hôpital est le risque accru de passer à côté de conditions liées à l’accouchement. Si ces affections, ou les blessures occasionnées lors de la naissance, ne sont pas traitées rapidement, les chances de guérison complète peuvent être compromises. La période d’avril à juin 2025 a vu une nouvelle mère sur vingt réhospitalisée peu après avoir quitté la maternité, un taux qui alerte les professionnels de santé et les responsables politiques.

Helen Morgan, porte-parole libérale-démocrate pour la santé, a qualifié ces chiffres de « déchirants ». Elle a vivement critiqué la réduction du financement du développement des services nationaux (SDF) pour les maternités, passant de 95 millions de livres sterling en 2024-2025 à seulement 2 millions de livres sterling pour 2025-2026. Ce fonds avait été initialement créé suite à l’examen Ockenden des services de maternité, visant à améliorer la qualité des soins.

Ces réadmissions surviennent dans un contexte où des inquiétudes majeures pèsent sur la qualité des soins de maternité du NHS. Un précédent rapport du Guardian, datant du 17 octobre 2025, signalait déjà un risque croissant de blessures graves lors de l’accouchement pour les femmes enceintes en Angleterre. Les chiffres obtenus par Helen Morgan corroborent cette tendance, montrant une augmentation de 16 % des déchirures périnéales du troisième ou quatrième degré entre juin 2020 et juin 2025. Ce type de blessure, qui affecte le sphincter anal, peut entraîner des douleurs chroniques, des traumatismes et de l’incontinence, avec des répercussions importantes sur la santé physique et mentale des femmes, pouvant aller jusqu’à la peur d’une nouvelle grossesse.

Face à cette situation, Wes Streeting, le secrétaire à la Santé, a lancé une enquête nationale sur les soins de maternité et néonatals, et a constitué un groupe de travail pour proposer des améliorations. Cependant, Helen Morgan déplore que l’enquête ne serve pas d’excuse à une inaction immédiate.

« Derrière ces chiffres se cachent des histoires déchirantes de femmes qui endurent un traumatisme inimaginable à un moment censé être rempli de joie. La négligence des Conservateurs envers les services de maternité était impardonnable, mettant en danger mères et bébés, mais les Travaillistes risquent de classer cette question sans suite… L’enquête du gouvernement ne peut pas servir de bouclier contre une action significative dès maintenant. »

Helen Morgan, porte-parole libérale-démocrate pour la santé

« Il est inacceptable que, alors que tant de femmes meurent ou sont blessées à cause de soins de maternité médiocres, le gouvernement ait pillé le fonds clé destiné à l’amélioration des services de maternité. Leurs promesses d’améliorer la sécurité sonneront creux tant qu’ils n’auront pas changé de cap. S’ils veulent vraiment mettre fin au désastre qui se déroule dans nos maternités, ils doivent annuler ces coupes immédiatement, soutenir nos équipes du NHS qui travaillent dur et mettre en œuvre sans délai toutes les mesures de l’examen d’Ockenden. »

Helen Morgan, porte-parole libérale-démocrate pour la santé

Face à ces constats, les leaders médicaux appellent le personnel du NHS à garantir des « contrôles approfondis » pour chaque nouvelle mère avant sa sortie. Le Professeur Asma Khalil, obstétricienne et vice-présidente du Collège royal des obstétriciens et gynécologues, explique que les réadmissions peuvent survenir pour diverses raisons comme des hémorragies post-partum, des infections ou des complications tardives. Elle souligne l’importance d’une approche holistique et centrée sur la patiente dans les soins postnataux, et insiste sur la nécessité d’un personnel, d’une formation et d’installations adéquats pour fournir des soins de qualité.

Un porte-parole du ministère de la Santé et des Affaires sociales a répondu que le gouvernement avait hérité d’un système de soins de maternité défaillant, justifiant ainsi l’ouverture d’une enquête nationale et la mise en place d’un groupe de travail. Concernant les allégations de réduction de financement, il a affirmé que le financement global avait augmenté et que les systèmes locaux du NHS disposaient de la liberté d’allouer les fonds selon les besoins communautaires, tout en étant tenus responsables des résultats obtenus pour les patients.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.