L’Espagne fait face à une succession exceptionnelle de tempêtes et de pluies diluviennes, quelques jours après le passage dévastateur de la tempête Leonardo. Des alertes aux inondations ont été émises dans tout le pays, ainsi qu’au Portugal voisin, tandis que des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers.
La région d’Andalousie, dans le sud de l’Espagne, a été particulièrement touchée, avec une alerte orange déclenchée samedi. Le nord-ouest du pays a également subi de fortes précipitations liées à la tempête Marta. Si la plupart des alertes ont été abaissées au niveau jaune dimanche, des poches du sud-est, du centre et du nord-ouest restent sous surveillance.
Le président régional d’Andalousie, Juan Manuel Moreno, a exprimé son inquiétude face à cette situation inédite : « Nous n’avons jamais vu une telle série de tempêtes. » Il a souligné la complexité de la situation, avec des dizaines de routes coupées, le trafic ferroviaire largement interrompu et plus de 11 000 personnes évacuées. Parmi elles, 7 707 à Cadix, 1 500 à Cordoue, 687 à Jaén, 586 à Malaga, 400 à Grenade et 209 à Séville. Six municipalités sont totalement isolées et 206 routes sont impraticables, principalement dans la province de Cadix, selon les autorités régionales.
Les dégâts se font particulièrement sentir dans le secteur agricole, et les réparations des infrastructures routières sont estimées à plus de 500 millions d’euros (590 millions de dollars).
Par mesure de sécurité, le célèbre pont romain de Cordoue, réservé aux piétons, a été fermé à la circulation. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a organisé une réunion de crise samedi, après avoir visité les zones sinistrées la veille.
À Grazalema, l’une des municipalités les plus touchées d’Andalousie, les habitants évacués ont trouvé refuge dans un gymnase de la ville de Ronda. « On m’a dit que cela allait durer longtemps », témoigne Jesus Ramírez, 37 ans. « Ce ne sera pas une question de semaines, cela pourrait prendre bien plus de temps. » Nieves de los Santos, une retraitée de 67 ans, ajoute : « Il y a beaucoup d’enfants qui souffrent. »
Les perturbations ont également affecté le monde sportif : le match de football opposant le Séville FC à Gérone, prévu samedi soir, a été reporté par les autorités pour garantir la sécurité des spectateurs.
La péninsule ibérique est considérée comme l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique en Europe, confrontée à des vagues de chaleur de plus en plus longues et à des épisodes de précipitations intenses de plus en plus fréquents.