Publié le 16 octobre 2024 10:43:00. Des scientifiques australiens ont mis au jour des centaines de virus inédits logeant au cœur des bactéries intestinales humaines. Cette découverte ouvre des perspectives nouvelles pour la gestion du microbiote et, potentiellement, le traitement de diverses pathologies.
- Identification de centaines de bactériophages jusqu’alors inconnus dans l’intestin humain.
- Potentiel thérapeutique : ces virus pourraient remodeler le microbiome et influencer la santé intestinale.
- Première étude à grande échelle sur l’isolement et l’étude des phages tempérés de l’intestin humain par culture.
Une équipe de recherche de l’Université Monash, en collaboration avec l’Institut Hudson de recherche médicale d’Australie, a publié une étude révolutionnaire dans la revue Nature. Les scientifiques ont analysé 252 échantillons bactériens issus du microbiote humain. Après une culture en laboratoire dans des conditions anaérobies strictes, ces bactéries ont été exposées à dix conditions, composés et aliments différents.
Les résultats révèlent que la stévia, un édulcorant d’origine végétale, ainsi que des composés émis par les cellules intestinales humaines, agissent comme de puissants activateurs des phages. Ces substances peuvent « réveiller » des virus jusque-là dormants dans les bactéries intestinales. Cette découverte pourrait avoir des implications majeures pour la prise en charge de maladies intestinales telles que les maladies inflammatoires de l’intestin.
« Il s’agit d’une étude fondamentale qui change notre façon de penser et d’étudier les virus présents dans l’intestin humain », a déclaré le professeur Jeremy Barr, auteur principal de l’étude et membre de la faculté des sciences biologiques de l’Université Monash. L’équipe a également utilisé des techniques de génie génétique, notamment CRISPR, pour identifier des mutations virales inhibant l’activation. Cela éclaire les mécanismes par lesquels certains virus intestinaux entrent en dormance permanente et ouvre la voie à de futures stratégies thérapeutiques visant à manipuler le microbiome au bénéfice de la santé.
« Nos résultats suggèrent que l’hôte humain n’est pas seulement un environnement passif, mais qu’il influence activement le comportement viral », a précisé Sofia Dahlman, première auteure de l’étude. Ces travaux jettent les bases de futures applications en biologie synthétique, biotechnologie et thérapie du microbiome, marquant une avancée significative dans le « décodage de la matière noire virale de l’intestin humain », a conclu le professeur Barr.