Publié le 25 février 2026. Des chercheurs américains ont mis au point un test sanguin capable de prédire l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer avec une marge de trois à quatre ans, ouvrant la voie à des essais cliniques plus ciblés et à une meilleure prise en charge des patients.
Un simple test sanguin pourrait bientôt permettre d’anticiper l’évolution de la maladie d’Alzheimer. Une équipe de l’Université de médecine de Washington à Saint-Louis a développé un modèle prédictif basé sur l’analyse d’une protéine spécifique, la protéine tau, et de sa forme modifiée, p-tau217.
Selon les résultats de l’étude, publiée le 19 février 2026 dans la revue Nature Medicine, le dosage de p-tau217 dans le sang permet d’estimer le temps restant avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Plus la concentration de cette protéine altérée est élevée, plus le risque que le processus pathologique soit déjà en cours dans le cerveau est important.
« Nos travaux démontrent la faisabilité d’utiliser des tests sanguins, nettement moins chers et plus accessibles que l’imagerie cérébrale ou les analyses du liquide céphalo-rachidien, pour prédire l’apparition des symptômes d’Alzheimer. »
Suzanne E. Schindler, neurologue, auteur principal de l’étude
Les chercheurs ont constaté que la proportion de p-tau217 augmente au fil des années de manière relativement prévisible. Ils ont ensuite créé des modèles mathématiques capables d’estimer le délai avant l’apparition des symptômes. Kellen K. Petersen, l’un des auteurs de l’étude, explique cette approche en utilisant une analogie : « Les niveaux d’amyloïde et de tau sont similaires aux anneaux de croissance d’un arbre. Si nous connaissons le nombre d’anneaux d’un arbre, nous savons quel âge il a. »
Cette avancée pourrait avoir des implications majeures, tant pour la recherche de nouveaux traitements que pour la pratique clinique. Elle permettrait notamment d’accélérer les essais cliniques de thérapies préventives en identifiant plus rapidement les personnes susceptibles d’en bénéficier. À terme, l’objectif est de pouvoir informer les patients et leurs médecins du risque de développer la maladie, afin de mettre en place une stratégie de prévention ou de ralentissement de l’évolution des symptômes.
Plus de 7 millions d’Américains vivent actuellement avec la maladie d’Alzheimer. Les coûts de santé et de prise en charge à long terme liés à cette maladie et aux autres formes de démence devraient atteindre près de 400 milliards de dollars en 2025, selon l’Alzheimer’s Association.
Suzanne Schindler, neurologue et neuroscientifique, est spécialisée dans l’amélioration du diagnostic et du traitement de la maladie d’Alzheimer, comme le souligne son profil.