Publié le 26 octobre 2025. Des chercheurs britanniques ont créé des porcs génétiquement modifiés, totalement immunisés contre la peste porcine classique. Cette avancée majeure, issue d’une édition génétique ciblée, promet de révolutionner la lutte contre une maladie dévastatrice pour l’élevage.
- Des porcs rendus résistants à la peste porcine classique grâce à une modification précise de leur ADN.
- Une nouvelle approche qui ne se contente pas de renforcer le système immunitaire, mais supprime la vulnérabilité intrinsèque du virus.
- Un potentiel d’application élargi à d’autres maladies et espèces animales, ouvrant la voie à un élevage plus durable.
Le monde de l’élevage porcin pourrait bien connaître un tournant décisif. Des scientifiques de l’Institut Roslin d’Édimbourg, déjà célèbres pour avoir cloné la brebis Dolly, ont annoncé une percée sans précédent : l’obtention de porcs entièrement immunisés contre la peste porcine classique (PPC). Cette maladie virale, hautement contagieuse et souvent mortelle, décime les cheptels depuis des décennies, causant des pertes économiques considérables et imposant des abattages de masse. Malgré les campagnes de vaccination, la PPC demeure une menace persistante, complexifiant le commerce international et la sécurité alimentaire.
La clé de ce succès réside dans une technique d’édition génétique de précision. L’équipe a identifié le gène DNAJC14, dont la protéine est essentielle à la réplication du virus de la PPC dans les cellules porcines. En modifiant subtilement ce gène chez des embryons, les chercheurs ont rendu impossible au virus d’utiliser ce mécanisme vital pour se multiplier. Les porcs issus de cette modification ont ensuite été exposés au virus dans des conditions de haute sécurité. Les résultats sont sans appel : les animaux modifiés sont restés en parfaite santé, sans le moindre signe clinique ni effet indésirable sur leur bien-être ou leur fertilité. À l’inverse, les porcs non modifiés ont développé les symptômes graves et caractéristiques de l’infection.
Contrairement aux vaccins qui apprennent au système immunitaire à combattre un agent pathogène, cette nouvelle stratégie agit en amont, en éliminant la porte d’entrée biologique dont le virus a besoin pour se propager. Plus qu’une simple résistance, cette modification rend les porcs incapables de transmettre le virus. Cela ouvre la perspective d’endiguer les foyers de maladie à leur source et d’éviter ainsi les abattages préventifs coûteux et traumatisants.
Cette avancée ouvre un nouveau chapitre dans la prévention des maladies infectieuses au sein des cheptels. Son adoption à grande échelle pourrait significativement réduire notre dépendance aux vaccins et aux antibiotiques, limitant ainsi les pertes économiques et favorisant un élevage plus durable, plus éthique et mieux armé face aux crises sanitaires.
L’intérêt de cette découverte ne s’arrête pas là. Le gène DNAJC14 étant également impliqué dans la réplication de pestivirus affectant les bovins et les ovins, comme le virus de la diarrhée virale bovine (BVD), la même stratégie pourrait potentiellement être adaptée pour protéger d’autres espèces de bétail contre des infections ayant un fort impact économique et sanitaire.
Cette avancée survient à un moment où la réglementation autour de la « sélection de précision » par édition génétique évolue rapidement dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis, le Japon et le Brésil. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’un débat éthique et scientifique éclairé, tout en soulignant un « impératif moral » d’utiliser cette technologie pour améliorer le bien-être animal et renforcer la sécurité alimentaire mondiale.