Publié le 2023-10-23 17:06:00. L’ancien ministre colombien des Affaires étrangères, Álvaro Leyva Durán, a déposé une plainte formelle auprès du procureur américain contre le président Gustavo Petro, l’accusant d’avoir enfreint la loi lors d’une visite officielle à New York. Les détails de cette démarche sont désormais connus.
- Álvaro Leyva accuse le président Petro d’avoir appelé l’armée américaine à désobéir au président Trump.
- L’ancien ministre estime que ces propos ont eu lieu hors du cadre diplomatique, privant le président d’immunité.
- Il demande une enquête pour « conduite criminelle » et la prise de mesures adéquates si des infractions sont constatées.
La plainte déposée le 9 octobre par Álvaro Leyva auprès du bureau du procureur des États-Unis vise à ce que le président Gustavo Petro fasse l’objet d’une enquête. L’ancien chef de la diplomatie colombienne soutient que le président aurait eu, sur le territoire américain, une « conduite qui viole potentiellement des normes rigoureuses, des statuts et des lois soumises à un contrôle juridictionnel ».
Le cœur de la plainte réside dans un épisode survenu dans les rues de New York. À l’issue de son discours devant les Nations Unies, Gustavo Petro aurait harangué, mégaphone en main, l’armée américaine en ces termes : « désobéir au président Trump et à l’humanité ». Selon Álvaro Leyva, cette intervention publique aurait eu lieu une fois que le cadre de son intervention diplomatique et de son immunité était terminé.
« Les manifestations publiques irresponsables du président colombien sur le territoire américain nécessitent une enquête approfondie. Elles ne se limitaient pas à de simples critiques politiques, mais constituaient une exhortation directe à violer le serment militaire », a affirmé Leyva. Pour lui, le geste du président Petro s’apparente à une « conduite criminelle » en incitant des membres actifs des forces armées d’un pays souverain à ignorer l’autorité de leur commandant en chef. Il précise que ces faits ont été enregistrés par le président Trump lui-même, le Département d’État et divers médias internationaux.
Lorsqu’il a officiellement déposé sa plainte, début octobre, Álvaro Leyva avait qualifié les agissements du président à New York de « victimisation comme stratégie politique ». Il avait ajouté : « Rechercher la solidarité, la pitié ou la compassion envers soi-même est une vulgaire dégénérescence de l’action publique. »
Au pénal, l’ancien ministre demande au parquet nord-américain de déterminer si Gustavo Petro a commis des crimes relevant de la législation fédérale et, le cas échéant, de prendre les mesures nécessaires. Leyva assure que sa démarche vise à préserver les relations diplomatiques et à « mettre fin à la rhétorique irresponsable et nuisible » du président colombien, affirmant que sa demande « n’est pas sans fondement ».
Dans un message direct adressé à Gustavo Petro, Leyva a écrit : « Gustavo Petro : plus rien, mec, plus rien », comparant la fin de son gouvernement à l’histoire racontée dans « La Bonne aventure, Monsieur le Président » de Gabriel García Márquez. Il a qualifié cette situation de « triste prémonition » du déclin d’un chef d’État « abattu et éloigné de sa patrie ».
Cette plainte s’ajoute à une première démarche similaire initiée le 25 septembre. Leyva avait alors accusé le président Petro et le journaliste Juan Diego Quesada de « conduite criminelle » devant la procureure générale des États-Unis, Pamela Bondi. Cette accusation portait sur la publication d’audios prétendument manipulés et diffusés par le journal El País América, dans lesquels l’ancien chancelier aurait parlé d’un prétendu coup d’État, des informations qu’il estime avoir été « éditées de manière capricieuse ».