Home Santé Déterminants du traitement rapide du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans fréquentant les établissements de santé publics du sous-comté de Kisumu Est, Kenya : une étude transversale basée sur les établissements de santé | Journal du paludisme

Déterminants du traitement rapide du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans fréquentant les établissements de santé publics du sous-comté de Kisumu Est, Kenya : une étude transversale basée sur les établissements de santé | Journal du paludisme

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Publié le 2025-10-15 13:53:00. Une étude menée au Kenya occidental explore les facteurs influençant l’accès rapide des jeunes enfants au traitement du paludisme, en s’appuyant sur un cadre conceptuel axé sur le patient. Les résultats visent à améliorer les stratégies de lutte contre cette maladie.

  • Le traitement rapide du paludisme, défini comme un diagnostic et une administration de médicaments dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes, est crucial pour les enfants de moins de cinq ans.
  • L’étude a analysé les déterminants socioculturels, physiques et économiques qui affectent la capacité des familles à rechercher et obtenir rapidement des soins pour le paludisme.
  • Une conception d’étude transversale, menée dans des établissements de santé publics du sous-comté de Kisumu Est, a permis de collecter des données auprès de 446 soignants d’enfants atteints de paludisme.

Cadre conceptuel pour un accès aux soins centré sur le patient

L’étude s’est appuyée sur le cadre conceptuel de Lévesque et al. pour appréhender l’accès aux soins de santé, appliqué ici au traitement antipaludique. Ce modèle définit l’accès de manière globale, englobant la capacité à identifier un besoin de santé, à rechercher des services, à les atteindre, à les utiliser et à obtenir une satisfaction effective. Comme le souligne la référence 28, ce cadre établit un lien entre les aspects de l’offre des systèmes de santé et les caractéristiques de la demande des populations, tout en tenant compte des processus de réalisation de cet accès.

Ce cadre distingue deux ensembles de composantes : celles liées à l’offre des systèmes de santé (accessibilité, acceptabilité, disponibilité et hébergement, abordabilité, pertinence) et celles liées à la demande des patients (capacité à percevoir le besoin, à rechercher les services, à les atteindre, à les payer et à s’engager dans le parcours de soins). L’étude s’est particulièrement intéressée aux déterminants de la demande influençant la rapidité du traitement du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans. La figure 1, tirée de Lévesque et al. (référence 28), illustre ce cadre, classifiant les composantes de la demande : la capacité de percevoir et de rechercher relèvent des déterminants socioculturels, la capacité d’atteindre des déterminants physiques, et la capacité de payer et de s’engager des déterminants économiques et d’engagement.

Conception et cadre de l’étude

Pour évaluer les facteurs déterminant un traitement antipaludique rapide chez les enfants de moins de cinq ans, une étude transversale a été réalisée dans les établissements de santé publics du sous-comté de Kisumu Est, dans l’ouest du Kenya. Ce type de conception a été retenu pour sa pertinence, les hôpitaux étant des points d’accès essentiels aux soins, surtout pour les jeunes enfants souffrant de paludisme. De plus, cette approche s’avère économe en ressources et réalisable dans un délai raisonnable, répondant ainsi aux contraintes de temps et de budget de la recherche.

L’étude s’est déroulée entre le 5 avril 2023 et le 26 mai 2023. Le sous-comté de Kisumu Est, l’un des six de la région de Kisumu, compte 220 997 habitants selon le recensement de 2019 (référence 29). Il s’étend sur 142 km² et comprend cinq quartiers : Kajulu, Kolwa East, Manyatta B, Nyalenda A et Kolwa Central. En raison de sa proximité avec le lac Victoria, l’ensemble de ces quartiers est exposé au paludisme. Le choix de cette zone s’explique également par la baisse observée en 2020 du pourcentage d’enfants de moins de cinq ans recevant des soins pour fièvre, passant de 66 % en 2015 à 57 % (référence 2).

Population et échantillonnage

La population étudiée comprenait les soignants ou parents d’enfants de moins de cinq ans diagnostiqués positifs au paludisme (par microscopie ou tests de diagnostic rapide – TDR) et recherchant un traitement dans les sept établissements de santé publics ciblés. Les soignants ayant déjà consulté ailleurs avant de se rendre dans les centres étudiés, ainsi que ceux de moins de 18 ans ou n’étant pas les seuls adultes responsables du foyer, ont été exclus de l’étude.

La taille de l’échantillon a été fixée à 446 soignants, calculée à l’aide d’une formule pour étude transversale dans le logiciel Epi Info version 7.2, avec un niveau de confiance de 95 %, une puissance de 80 % et une marge d’erreur de 5 %. Le calcul s’est basé sur la proportion de moins de cinq ans bénéficiant d’un traitement en temps opportun rapportée par l’Enquête sur les indicateurs du paludisme au Kenya (KMIS) en 2021, soit 36 % (référence 2). Un taux de non-réponse de 5 % et un effet de plan de 1,2 ont été intégrés pour tenir compte des imprévus, conformément aux statistiques de la KMIS 2020 (référence 2).

Un échantillonnage en grappes stratifié en deux étapes a été employé. Le sous-comté a été divisé en strates rurales et urbaines, les 14 établissements de santé publics servant de grappes. Dans un premier temps, 7 établissements ont été sélectionnés selon une probabilité proportionnelle à la taille (PPS), basée sur le nombre de cas de paludisme confirmés chez les moins de cinq ans. Dans un second temps, un échantillonnage systématique avec un intervalle de 2 a permis de recruter 64 soignants dans chacun des établissements sélectionnés.

Variables d’étude et collecte de données

La variable d’intérêt principale était le traitement rapide du paludisme, défini comme un diagnostic et un traitement antipaludique approprié administrés dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes (référence 4). Le traitement était considéré comme retardé si les soins étaient recherchés plus de 24 heures après le début des symptômes. L’étude a examiné diverses variables explicatives, incluant :

  • Facteurs démographiques : âge de l’enfant et du tuteur, lieu de résidence, niveau d’éducation et sexe de l’enfant.
  • Facteurs socioculturels : connaissance du paludisme, capacité à reconnaître les symptômes, croyance en l’efficacité des médicaments antipaludiques, confiance envers les professionnels de santé, recours à des guérisseurs traditionnels, utilisation de médicaments en vente libre, sexe du chef de famille et pouvoir décisionnel dans la recherche de soins. Les connaissances sur le paludisme ont été évaluées par six questions, un score de 80 à 100 % indiquant une bonne connaissance, 60 à 79 % une connaissance satisfaisante, et moins de 60 % une mauvaise connaissance.
  • Facteurs physiques : temps de trajet vers l’établissement de santé, accessibilité des transports et mode de transport.
  • Facteurs socio-économiques et d’engagement : revenu du ménage, coût des soins, assurance maladie, soutien social, antécédents de recours aux soins en temps opportun, antécédents de décès d’un enfant dans la famille, et soutien mutuel entre soignants.

Un questionnaire structuré, adapté d’études antérieures (références 12, 13, 19, 20, 21, 26, 30, 31), a été administré par des volontaires de santé communautaire (VSC) formés. Le questionnaire, initialement en anglais, a été traduit en langue locale (Luo) puis retraduit en anglais pour garantir sa cohérence. Après obtention du consentement éclairé, les entretiens individuels ont été menés en face à face, les données étant enregistrées via une application sur tablette (CAPI), spécifiquement Kobo Collect.

Contrôle qualité et analyse des données

Avant la collecte principale, le questionnaire a fait l’objet d’un pré-test auprès de 14 participants dans deux établissements non inclus dans l’étude, afin d’apporter les ajustements nécessaires. Les VSC ont reçu une formation approfondie sur la méthodologie de remplissage des questionnaires. Chaque jour, les formulaires collectés étaient vérifiés pour leur complétude avant d’être envoyés au serveur central.

Les données ont été exportées vers le logiciel STATA version 16. Une étape de recodage des variables et de création de variables composites a été effectuée, suivie de vérifications de portée et de cohérence pour assurer l’exhaustivité du jeu de données. Les statistiques descriptives ont utilisé des distributions de fréquences pour les variables catégorielles et des statistiques récapitulatives pour les variables continues. Les variables continues comme l’âge des enfants et des tuteurs ont été testées pour leur normalité (test de Shapiro-Wilk et diagrammes de probabilité). Une asymétrie a été observée, conduisant à la présentation de leurs valeurs médianes et écarts interquartiles.

L’analyse bivariée a visé à identifier les variables potentiellement associées à un traitement rapide du paludisme. Le test du chi carré ou le test exact de Fisher, selon le respect des hypothèses, a été utilisé à un seuil de signification de 20 % pour évaluer l’association entre le traitement opportun et chaque variable explicative catégorielle. Les variables continues ont été soumises à une régression logistique simple, également à un seuil de 20 %, afin de conserver un maximum de variables pour l’analyse multivariée.

Pour l’analyse multivariée, un modèle de régression logistique multiple par étapes, intégrant des erreurs types robustes, a été privilégié pour identifier les déterminants du traitement opportun du paludisme, avec un intervalle de confiance de 95 %. Ce choix s’est imposé pour pallier le biais potentiel des erreurs types lié à l’effet de regroupement dans le plan d’échantillonnage (référence 32). Le modèle a inclus toutes les variables significatives identifiées lors de l’analyse bivariée. Les critères d’information d’Akaike (AIC) et bayésiens (BIC) ont servi à déterminer le modèle le plus adapté. La multicolinéarité a été évaluée par le facteur d’inflation de la variance (VIF), une valeur inférieure à 10 étant retenue. Les performances du modèle ont été jugées par la sensibilité, la spécificité, le pourcentage de spécifications correctes et la courbe ROC.

Considérations éthiques

L’étude a obtenu l’approbation éthique du comité de recherche biomédicale de l’Université de Zambie (référence 3446-2022) et du comité d’examen éthique de l’Université de Maseno (référence MSU/DRPI/MUSERC/01189/23). Un permis de recherche a également été délivré par la Commission nationale pour la science, la technologie et l’innovation (licence NACOSTI/P/23/24218). Les soignants ont fourni un consentement écrit pour leur participation. Pour les mineurs, un consentement verbal des soignants a été recueilli. Le processus de consentement a été documenté et supervisé par les responsables des établissements de santé.

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