Publié le 2024-02-29 10:32:00. Des chercheurs ont identifié deux périodes clés de la vie, vers 44 ans et autour de la soixantaine, où le corps humain subit des changements moléculaires profonds et soudains, ouvrant de nouvelles perspectives sur l’apparition des maladies liées à l’âge.
- Une étude menée sur plus de 100 volontaires révèle des bouleversements moléculaires significatifs à 44 ans et vers 60 ans.
- Ces changements concernent notamment le métabolisme, le système immunitaire et la santé cardiovasculaire.
- Contrairement aux idées reçues, le pic de changements à 44 ans n’est pas lié à la ménopause, mais à des facteurs biologiques plus fondamentaux.
Le vieillissement ne serait pas un processus graduel, mais marqué par des tournants biologiques nets. C’est la conclusion d’une étude récente menée par des scientifiques qui ont analysé des milliers d’échantillons biologiques – ARN, protéines et microbiomes – prélevés sur 108 personnes âgées de 25 à 75 ans. Les résultats, publiés, montrent que les signes du vieillissement s’accentuent considérablement à deux moments précis de la vie : vers l’âge de 44 ans et autour de la soixantaine.
L’étude révèle que 81 % des molécules étudiées présentent des variations notables au moins à l’une de ces deux étapes. La nature de ces changements diffère selon l’âge. Vers 44 ans, les modifications touchent principalement les molécules impliquées dans le métabolisme de l’alcool, de la caféine et des lipides. À cet âge, on observe également une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires et une détérioration de la structure musculaire et cutanée.
La soixantaine, quant à elle, est marquée par des changements dans la régulation du système immunitaire, les fonctions rénales et le métabolisme des glucides. Les problèmes cardiovasculaires ainsi que les altérations de la peau et des muscles persistent à ce stade.
Un aspect particulièrement surprenant de cette recherche est la découverte que le pic de changements observé à 44 ans n’est pas exclusivement féminin. Les scientifiques avaient initialement pensé que cette rupture moléculaire était liée aux bouleversements hormonaux de la ménopause. Or, ils ont constaté que la même modification se produit chez les hommes au même âge, ce qui suggère que des facteurs biologiques plus profonds sont en jeu.
« Nous n’évoluons pas lentement au fil du temps ; nous avons des tournants vraiment dramatiques. »
Michael Snyder, expert en génétique de l’Université de Stanford
Cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre pourquoi les maladies liées à l’âge, telles que la maladie d’Alzheimer et les maladies cardiaques, augmentent soudainement après un certain âge. Les chercheurs soulignent l’importance d’adopter un mode de vie sain – incluant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière – pour atténuer les effets de ces changements biologiques.
L’étude ouvre la voie à de nouvelles recherches visant à identifier des biomarqueurs précoces du vieillissement et à développer des stratégies de prévention personnalisées.