Publié le 25 mai 2024. Une neurochirurgienne est jugée pour avoir prétendument permis à sa fille de 12 ans de manipuler une perceuse lors d’une opération crânienne. La mère et son collègue nient les faits reprochés.
- Accusation : une jeune fille de 12 ans aurait utilisé une perceuse pour creuser un trou dans le crâne d’un patient.
- Déni : la mère, neurochirurgienne, et son collègue affirment que l’enfant n’a pas manipulé l’outil de manière indépendante.
- Contexte : l’incident se serait déroulé en janvier 2024 lors d’une intervention chirurgicale sur un patient gravement blessé.
Le tribunal de district de Graz-Ost (Autriche) a entendu mardi l’affaire opposant le parquet à une neurochirurgienne et à l’un de ses collègues, poursuivis pour lésions corporelles légères. Les faits reprochés remontent à janvier 2024, lorsque la mère a amené sa fille de 12 ans au bloc opératoire pour une intervention sur un patient souffrant d’un traumatisme crânien suite à un accident forestier survenu le 13 janvier. L’opération, visant à poser une sonde intracrânienne, était complexe.
Selon l’accusation, au terme de la majeure partie de l’intervention, la neurochirurgienne aurait confié la perceuse à sa fille. Cette dernière aurait alors creusé elle-même le trou destiné à la sonde. La procureure Julia Steiner a rapporté que la mère aurait fièrement annoncé que sa fille venait de réaliser son premier forage. L’affaire a été révélée suite à des signalements anonymes.
« Ne pas minimiser le risque », insiste le parquet
Si l’opération en elle-même s’est globalement bien déroulée, la procureure a tenu à souligner que le risque encouru ne devait pas être sous-estimé. Elle a qualifié l’acte d’« incroyable manque de respect envers le patient ».
Maître Bernhard Lehofer, avocat de la médecin, a fermement contesté ces allégations, affirmant que « l’enfant n’a pas pratiqué » et que le contrôle de l’instrument est resté constant entre les mains du chirurgien. Il a concédé que la présence de sa fille en salle d’opération n’était « pas une bonne idée », mais a rappelé que sa cliente en subissait les conséquences depuis près de deux ans.
Du côté du collègue, représenté par Me Michael Kropiunig, on a insisté sur le fait que ce dernier ignorait l’âge exact de l’enfant. Il aurait permis à l’enfant de poser sa main sur la sienne pendant qu’il manipulait la perceuse, un geste jugé sans pertinence pénale.
Les prévenus maintiennent leur innocence
La neurochirurgienne a déclaré ne pas se sentir coupable. Elle a expliqué que son collègue s’était absenté pour passer un appel téléphonique et que sa fille, alors présente dans les parages, lui aurait demandé si elle pouvait aider. Après avoir consulté sa mère, qui aurait donné son accord, la jeune fille se serait approchée. Le chirurgien a reconnu ne pas pouvoir affirmer avec certitude où se trouvait exactement la main de l’enfant, mais il tenait la perceuse.
L’accusée a quant à elle affirmé que sa fille se trouvait dans son bureau ce jour-là et qu’elle étudiait. Lorsque sa mère l’a appelée en salle d’opération, la jeune fille aurait manifesté le désir d’y aller, ce à quoi sa mère a consenti. Elle a déclaré ne pas avoir prêté une attention particulière à la phase critique de l’utilisation de la perceuse, se tenant à l’arrière et étant distraite. Elle aurait même indiqué à la police ne pas avoir vu si sa fille avait la main sur l’outil.
Interrogée par le procureur sur les raisons pour lesquelles elle aurait fait pression sur son collègue pour qu’il ne dise rien, la mère a répondu : « Je voulais le protéger ». (APA)