Publié le 7 novembre 2025 à 11:05:00. Deux médicaments anticancéreux déjà approuvés, le létrozole et l’irinotécan, montrent des résultats prometteurs contre la maladie d’Alzheimer dans des modèles animaux, inversant certains processus pathologiques et améliorant les fonctions cognitives.
- Des recherches suggèrent que le létrozole et l’irinotécan pourraient offrir une nouvelle piste thérapeutique contre la maladie d’Alzheimer.
- Des expériences sur des souris ont révélé une réduction des dépôts de protéines tau et une amélioration des tests de mémoire et d’apprentissage.
- Ces médicaments, déjà autorisés pour d’autres indications, pourraient potentiellement entrer rapidement en essais cliniques chez l’homme.
Une étude publiée dans la revue Cell révèle que le létrozole et l’irinotécan ont démontré une capacité à inverser certains changements cérébraux observés chez des souris modèles de la maladie d’Alzheimer. L’équipe de recherche a d’abord analysé les altérations de l’activité génétique induites par la maladie. Ils ont ensuite exploré une vaste base de données médicales à la recherche de composés capables de contrecarrer ces modifications. L’analyse de données de patients a également indiqué que les personnes traitées par létrozole ou irinotécan pour un cancer présentaient une incidence plus faible de diagnostic d’Alzheimer par rapport à des groupes témoins.
Lors d’essais menés sur des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer, l’administration combinée des deux principes actifs a conduit à une réduction significative des agrégats de protéine tau, marqueurs caractéristiques de la pathologie. Les animaux traités ont également affiché de meilleures performances lors de tests évaluant l’apprentissage et la mémoire. Les chercheurs avancent que l’efficacité combinée pourrait résider dans le ciblage différencié des cellules : le létrozole agissant sur les neurones, et l’irinotécan sur les cellules gliales, essentielles au soutien et à la protection du cerveau.
Malgré ces résultats encourageants, les scientifiques appellent à la prudence. Les données actuelles proviennent uniquement d’expérimentations animales et les deux médicaments sont connus pour leurs effets secondaires notables. Toute future application chez l’homme nécessitera une évaluation rigoureuse du rapport bénéfice-risque, d’autant plus que ces traitements ont été développés pour d’autres pathologies. Face à une estimation de plus de 55 millions de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le monde, dont le nombre est appelé à croître, cette nouvelle approche thérapeutique pourrait s’avérer d’une importance capitale. Les chercheurs espèrent désormais que les études cliniques pourront rapidement débuter, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.