Home Santé DICS : C’est ainsi que les précurseurs du cancer du sein sont découverts et traités

DICS : C’est ainsi que les précurseurs du cancer du sein sont découverts et traités

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Le carcinome canalaire in situ (CCIS), souvent qualifié de « précurseur » du cancer du sein, représente une anomalie cellulaire localisée dans les canaux mammaires. Si une partie de ces lésions évolue vers un cancer invasif, la majorité reste confinée, offrant d’excellentes perspectives de guérison lorsqu’elle est détectée et traitée précocement.

Qu’est-ce que le carcinome canalaire in situ (CCIS) ?

Le CCIS, acronyme de « carcinome canalaire in situ », désigne la présence de cellules anormales au sein des canaux galactophores du sein. Le Dr Riku Togawa, médecin-chef et coordinateur du centre du sein de l’hôpital universitaire de Heidelberg, précise la signification de « in situ » : « In situ signifie « sur place ». Les cellules cancéreuses se trouvent donc toujours à leur lieu d’origine et n’ont aucune possibilité de pénétrer dans d’autres tissus ou de former des métastases. » Par conséquent, le CCIS est considéré comme une lésion précancéreuse, et non comme un cancer invasif à proprement parler.

Selon l’association professionnelle des gynécologues, la présentation du CCIS peut varier considérablement. Sa croissance est souvent irrégulière, touchant sélectivement certaines portions des canaux galactophores avant de poursuivre son développement ailleurs.

Bien qu’un CCIS pur soit généralement considéré comme une affection curable, il existe un risque d’évolution vers un cancer du sein invasif. Le Dr Togawa estime que cela concerne environ 30 à 50 % des cas non traités. En l’absence de possibilité de prédire avec certitude quelles lésions deviendront dangereuses, un traitement est systématiquement recommandé.

Détection et symptômes du CCIS

En Allemagne, environ 6 000 cas de CCIS sont diagnostiqués chaque année, fréquemment lors des programmes de dépistage par mammographie, comme l’explique la Professeure Dr. Maggie Banys-Paluchowski, directrice clinique adjointe de la clinique de gynécologie et d’obstétrique de l’hôpital universitaire Schleswig-Holstein Campus Lübeck. « Le CCIS est généralement asymptomatique et est donc diagnostiqué dans le cadre d’une détection précoce », précise-t-elle.

Le caractère insidieux du CCIS réside dans sa tendance à provoquer rarement des symptômes, rendant sa découverte fortuite lors d’examens de routine, telle qu’une mammographie, quasi systématique.

Facteurs de risque et prédispositions génétiques

Les facteurs de risque associés au CCIS sont similaires à ceux du cancer du sein invasif : l’âge avancé, une densité mammaire élevée, des antécédents familiaux et des expositions hormonales. Le surpoids, notamment en période postménopausique, la consommation d’alcool et des prédispositions génétiques peuvent également accroître le risque.

Le Dr Togawa détaille : « Les porteuses d’une mutation BRCA1 ou BRCA2 ont un risque considérablement accru de développer un cancer du sein, y compris un DCIS. » Les mutations BRCA1 ou BRCA2 correspondent à des altérations génétiques qui augmentent la probabilité de développer divers types de cancers, dont ceux du sein et des ovaires. Dans de tels cas, un conseil en génétique est généralement proposé afin d’évaluer le risque individuel et d’explorer les stratégies de prévention possibles.

Traitement, pronostic et suivi

Les recommandations actuelles préconisent un traitement visant à éliminer intégralement les lésions précancéreuses afin de prévenir toute récidive ou le développement d’un cancer invasif. La chirurgie mammaire conservatrice constitue la procédure standard, souvent complétée par une radiothérapie. Dans les cas de lésions étendues, une mastectomie (ablation du sein) peut s’avérer nécessaire.

Si le CCIS est hormono-sensible, un traitement antihormonal, tel que le tamoxifène, peut également être envisagé.

Les perspectives de guérison sont excellentes : lorsque les lésions précancéreuses sont identifiées et traitées à temps, le risque de décès par cancer du sein dans les dix années suivant le traitement est très faible, estimé à moins d’une femme sur 100. Les contraintes post-traitement sur la vie quotidienne sont généralement mineures.

Le suivi post-traitement comprend des contrôles médicaux réguliers, initialement tous les trois à six mois, puis annuellement. L’objectif est de détecter d’éventuelles récidives par mammographie. Après une chirurgie conservatrice, la première mammographie de suivi doit être réalisée six mois après la fin de la radiothérapie.

Recherches actuelles sur le CCIS

Un axe de recherche majeur pour l’avenir concerne la compréhension de l’évolution naturelle de la maladie. « Nous savons que tous les CCIS ne se transforment pas en cancers du sein invasifs et que la chirurgie représente une sorte de surtraitement pour ces femmes. Malheureusement, nous ne pouvons pas encore prédire avec précision quel CCIS progressera sans traitement et lequel ne progressera pas », explique la Professeure Banys-Paluchowski.

Des études internationales en cours, telles que COMET (États-Unis), LORI (Royaume-Uni) et LORD (Pays-Bas), se penchent sur cette question. Elles évaluent si une surveillance active peut s’avérer aussi sûre qu’une chirurgie dans les cas de faible risque. Bien que les premiers résultats soient encourageants, des données fiables à long terme sont encore indispensables.

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