Publié le 2025-10-22 10:10:00. Une polémique au sein du Parti Républicain chilien éclate suite à des déclarations controversées sur Jaime Guzmán, figure historique de la droite. Le président du parti, Arturo Squella, tente de calmer le jeu face à des propos tenus par la secrétaire générale, Ruth Hurtado, qui semblent viser à raviver des tensions idéologiques.
- Arturo Squella appelle à la mesure dans les débats internes, distincts des désaccords sur des propositions.
- Des dissensions sont signalées entre Squella, président du parti, et Cristián Valenzuela, proche conseiller de José Antonio Kast.
- Valenzuela est perçu comme le stratège derrière la polémique sur Jaime Guzmán, dans le but de consolider le soutien à Kast.
Le Parti Républicain est secoué par une controverse née des propos de Ruth Hurtado, secrétaire générale, sur Jaime Guzmán, fondateur du parti d’extrême droite UDI. Ces déclarations, interprétées comme une initiative de Cristián Valenzuela, bras droit de José Antonio Kast, visent selon certains à polariser l’électorat de droite en faveur de leur candidat. Le président du Parti Républicain, Arturo Squella, a rapidement cherché à désamorcer la situation, appelant à une discussion axée sur les idées plutôt que sur les polémiques historiques.
« Le problème avec Jaime Guzmán était évidemment une impasse. (…) Qu’il y ait des troubles au sein de l’UDI (…) pour ce qui est de la responsabilité que j’assume personnellement, j’appelle toujours à mesurer ses mots, à veiller (…) à ce que ces différends se situent au niveau des propositions, des idées », a déclaré Arturo Squella, prenant ses distances avec les propos de Ruth Hurtado. Ces déclarations, faites sur Univers Radio, reflètent des divergences récurrentes entre Squella et Valenzuela, créant des tensions palpables au sein du parti.
Selon une source interne, Ruth Hurtado n’agirait jamais sans l’approbation de Cristián Valenzuela, qu’elle considère comme le véritable instigateur de cette approche de Jaime Guzmán. Cette polémique survient dans un contexte de chute de José Antonio Kast dans les sondages et de montée de ses concurrents, attribuant une part de responsabilité à Valenzuela, perçu comme le stratège en chef.
Bien que Squella et Valenzuela partagent un parcours similaire – anciens militants de l’UDI, avocats de l’UC (Union Démocrate-Chrétienne) et professeurs de droit –, leurs styles diffèrent considérablement. Valenzuela est décrit comme pragmatique et direct dans la poursuite de ses objectifs, tandis que Squella privilégie une approche plus idéaliste et courtoise. Ces différences se sont manifestées à plusieurs reprises, notamment lors de l’élaboration de propositions sur des coupes budgétaires importantes, où Valenzuela a corrigé les déclarations de Squella, réaffirmant son rôle de contrôleur de la communication du parti.
La relation entre Cristián Valenzuela et José Antonio Kast est considérée comme symbiotique. Valenzuela agirait comme un « filtre » pour toutes les déclarations et positions du parti, assumant un rôle de « contrôleur » et de « gardien des valeurs » qui intéressent l’électorat traditionnel de Kast. Le rôle d’Arturo Squella est plus celui d’un « chancelier », davantage axé sur la représentation que sur la prise de décision.
Ces divergences se sont illustrées lors des débats autour du Conseil constitutionnel. En 2021, lors d’un conclave, Squella prônait le dialogue avec l’UDI et Renovación Nacional, tandis que Valenzuela se montrait réticent. Une source proche du dossier rapporte que Ruth Hurtado, sur instruction de Valenzuela, avait bloqué une rencontre souhaitée par Squella avec des conseillers constituants.
Une autre controverse a éclaté suite à la diffusion d’une conversation WhatsApp de Valenzuela où il affirmait que l’objectif n’avait jamais été de présenter une Constitution consensuelle. Plus récemment, en 2021, une divergence a opposé Squella et Valenzuela concernant le voyage de José Antonio Kast aux États-Unis après le premier tour présidentiel, Squella le jugeant excessif et Valenzuela le défendant.
Les sources indiquent que Cristián Valenzuela aurait initié la polémique sur Jaime Guzmán via Ruth Hurtado, afin de créer une diversion et de renforcer la position de Kast face à Evelyn Matthei. Cette stratégie narrative viserait à rassurer les partisans de Kast, leur suggérant que le Parti Républicain ne trahit pas les valeurs de l’UDI, mais les « récupère ». Il est rappelé que Kast avait quitté l’UDI avec Valenzuela, arguant d’un éloignement du projet fondateur de Guzmán.
Cette dernière manœuvre est perçue par certains comme une tentative de Valenzuela de masquer d’autres scandales, remplaçant une polémique par une autre, de très mauvais goût selon un syndicaliste. Les propos de Ruth Hurtado sont survenus peu après les excuses d’Evelyn Matthei lors d’un débat, ajoutant une couche de complexité à la bataille idéologique et politique au sein de la droite chilienne.