Publié le 13 octobre 2025. Une nouvelle étude met en lumière des anomalies dans les concentrations de médiateurs lipidiques chez les patients souffrant de la maladie respiratoire exacerbée par les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), ouvrant potentiellement la voie à de nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques.
La maladie respiratoire exacerbée par les AINS, plus connue sous son acronyme N-ERD, se caractérise par des crises d’asthme et d’autres symptômes respiratoires déclenchés par la prise d’anti-inflammatoires comme l’aspirine. Selon les recherches menées conjointement par l’Université de Finlande orientale, l’Université d’Helsinki et le centre hospitalier universitaire d’Helsinki, les patients atteints de cette pathologie chronique présenteraient des niveaux significativement réduits de deux lipides clés liés au système endocannabinoïde : l’arachidonoyléthanolamide (AEA) et l’oléoyléthanolamide (OEA). Ces substances jouent un rôle dans la modulation de l’inflammation et de la perception de la douleur.
L’étude, dont les conclusions ont été publiées dans la revue Allergie clinique et expérimentale, révèle également qu’une faible dose d’aspirine parvient à augmenter les taux d’AEA et d’OEA chez les individus sains, mais pas chez les patients N-ERD. Ce phénomène suggère une altération du métabolisme de ces lipides chez ces derniers.
La N-ERD affecte généralement des personnes souffrant d’asthme sévère et de rhinosinusite chronique avec polypes nasaux, impactant considérablement leur qualité de vie. Actuellement, l’absence de test clinique spécifique rend le diagnostic complexe. Il repose souvent sur une épreuve de provocation à l’aspirine, une procédure coûteuse et potentiellement risquée, réalisée en milieu hospitalier. Les mécanismes sous-jacents de la maladie restent encore mal compris, et les stratégies de traitement optimales font encore défaut.
Ces découvertes, qui constituent une première dans l’analyse de la signalisation endocannabinoïde chez les patients N-ERD, pourraient expliquer les phénomènes d’inflammation chronique et de douleur accrue observés dans cette affection. Les chercheurs ont également détecté des concentrations élevées de leucotriène E4 et d’autres médiateurs lipidiques, potentiellement liés à l’état inflammatoire associé à la N-ERD.
« Ces altérations dans le métabolisme lipidique, qui impactent le système endocannabinoïde, pourraient à l’avenir ouvrir de nouvelles voies pour diagnostiquer la N-ERD et pour développer des thérapies ciblées », souligne Viljami Salmi, doctorant à l’Université d’Helsinki.
Des recherches supplémentaires, impliquant des cohortes de patients plus importantes, sont nécessaires pour confirmer ces résultats préliminaires. L’étude actuelle a porté sur huit patients diagnostiqués avec la N-ERD et sept témoins sains.
Source :
Référence du journal :
Salmi, V., et al. (2025). Systemic N-acyl ethanolamines and other lipid mediators are associated with NSAID-exacerbated respiratory disease. Clinical & Experimental Allergy. https://doi.org/10.1111/cea.70145