Mar-a-Lago, Floride – Le nouveau président hondurien, Nasry Asfura, a rencontré l’ancien président américain Donald Trump le samedi 7 février, consolidant une alliance qui s’est dessinée durant la campagne électorale et qui pourrait redéfinir les relations entre les deux pays. Cette rencontre intervient après une élection contestée au Honduras et marque un tournant politique vers la droite dans la région.
« J’ai eu une réunion très importante avec mon ami et président du Honduras, Nasry “Tito” Asfura », a déclaré Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Il a souligné qu’ils partageaient « beaucoup des mêmes valeurs qui placent l’Amérique d’abord » et qu’ils étaient liés par « un partenariat étroit en matière de sécurité ». Les deux hommes ont également discuté d’investissements et de commerce bilatéral.
L’arrivée au pouvoir de M. Asfura, un ancien entrepreneur du bâtiment, met fin à quatre années de gouvernement de gauche au Honduras et renforce la position des États-Unis auprès d’autres nations d’Amérique latine dirigées par des gouvernements de droite, notamment au Chili, en Bolivie, au Pérou et en Argentine.
La présidence hondurienne a diffusé une photographie des deux dirigeants souriant et levant le pouce en signe d’approbation. M. Asfura, âgé de 67 ans, a pris ses fonctions fin janvier, après un scrutin entaché d’accusations de fraude et dont les résultats ont été retardés de près de trois semaines.
L’ancienne présidente, Xiomara Castro, a dénoncé une « ingérence » de Donald Trump, qui avait menacé de réduire l’aide au Honduras si son candidat préféré ne gagnait pas l’élection. Avant même son investiture, M. Asfura avait été reçu par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, le 12 janvier, et avait annoncé son intention de négocier un accord de libre-échange avec les États-Unis, destination de 60 % des exportations honduriennes, ainsi qu’un renforcement de la coopération en matière de sécurité.
La situation est d’autant plus sensible que près de deux millions de Honduriens vivent aux États-Unis, dont une part importante est en situation irrégulière. Les transferts de fonds de ces expatriés représentent un tiers du produit intérieur brut (PIB) du Honduras, où 60 % des 11 millions d’habitants vivent dans la pauvreté.