Publié le 6 février 2024 11h45. Le cancer du sein, traditionnellement associé à un âge plus avancé, touche de plus en plus de femmes plus jeunes, une tendance inquiétante liée à l’évolution des modes de vie et à des facteurs métaboliques croissants.
- Une étude récente de l’ICMR révèle une augmentation de 6 % par an des cas de cancer du sein en Inde.
- Le manque de sommeil, le stress chronique et l’obésité abdominale sont identifiés comme des facteurs de risque majeurs.
- Des changements simples dans le mode de vie, comme améliorer la qualité du sommeil et contrôler la graisse abdominale, peuvent contribuer à réduire le risque.
Les experts observent un déplacement de l’âge d’apparition du cancer du sein, avec un nombre croissant de diagnostics chez les femmes entre 35 et 50 ans. Ce phénomène, déjà constaté dans les pays occidentaux, est désormais visible en Inde et est attribué à une combinaison de facteurs liés au mode de vie moderne. Le Dr Shubham Garg, directeur de l’oncologie chirurgicale à l’hôpital Dharamshila Narayana de Delhi, souligne l’importance cruciale de deux éléments souvent négligés : un sommeil de qualité et la gestion du poids, en particulier de la graisse abdominale.
Selon une récente étude de l’ICMR (Indian Council of Medical Research), les cas de cancer du sein chez les femmes indiennes augmentent de 6 % par an. Le Dr Garg explique que la graisse viscérale, celle qui s’accumule autour des organes abdominaux, n’est pas simplement une question d’esthétique.
« La graisse du ventre n’est pas seulement un problème d’apparence, c’est une usine chimique active dans le corps. »
Dr Shubham Garg, directeur de l’oncologie chirurgicale à l’hôpital Dharamshila Narayana
Cette graisse est biologiquement active et peut provoquer une inflammation chronique ainsi qu’une augmentation des niveaux d’œstrogènes, une hormone qui alimente la croissance de certaines cellules cancéreuses du sein.
Le sommeil joue également un rôle essentiel. La privation de sommeil affecte la production de mélatonine, la régulation hormonale, la fonction immunitaire et la réparation de l’ADN.
« Le manque de sommeil augmente la vulnérabilité lorsqu’il est combiné à l’obésité, au stress chronique, aux comportements sédentaires et aux modes de vie urbains désormais courants chez les femmes. »
Dr Shubham Garg, directeur de l’oncologie chirurgicale à l’hôpital Dharamshila Narayana
Le Dr Garg précise que le manque de sommeil est désormais considéré comme un facteur de risque aussi important que les antécédents familiaux ou l’âge, bien qu’il soit plus facilement modifiable.
L’obésité centrale, c’est-à-dire l’accumulation de graisse au niveau de l’abdomen, est particulièrement préoccupante, surtout après la ménopause. Après la ménopause, le tissu adipeux devient la principale source d’œstrogènes, ce qui peut favoriser le développement de cancers du sein sensibles aux hormones. Le tour de taille est un indicateur plus fiable du risque que le poids corporel global, car il reflète l’inflammation chronique et le stress métabolique.
Bien que les changements de mode de vie ne puissent pas éliminer complètement le risque de cancer du sein, ils peuvent le réduire considérablement. Améliorer la qualité du sommeil, gérer le stress et réduire l’obésité abdominale sont des mesures préventives importantes. Ces changements peuvent également améliorer les résultats du traitement et réduire le risque de récidive chez les femmes déjà atteintes de la maladie.
Le stress chronique, en augmentant les niveaux de cortisol, affaiblit le système immunitaire et perturbe l’équilibre hormonal, créant un environnement propice au développement tumoral. Il est donc crucial d’adopter des stratégies de gestion du stress efficaces.
Pour minimiser les risques, le Dr Garg recommande : pratiquer une activité physique régulière en se concentrant sur la réduction du tour de taille, dormir 7 à 8 heures par nuit pour favoriser la réparation cellulaire, et effectuer des auto-examens réguliers des seins, en particulier pour les femmes ayant des antécédents familiaux ou un mode de vie à haut risque. Pour les femmes présentant de multiples facteurs de risque, un dépistage plus précoce et personnalisé, incluant un examen clinique, une échographie ou une mammographie à partir de la fin de la trentaine, peut être envisagé.