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Drones, menaces hybrides | Drones Challenge Norvège: Comment menacer notre sécurité aéronautique

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Publié le 2025-10-05 14:01:00. Des incursions de drones dans l’espace aérien européen, dont des violations répétées en Pologne et au Danemark, inquiètent les experts. Ces incidents, classés en trois catégories par un spécialiste de la guerre aérienne, pourraient fragiliser la sécurité civile et la liberté de mouvement.

  • Trois types d’incidents impliquant des drones et des violations de l’espace aérien ont été identifiés, avec des implications variées pour la sécurité européenne.
  • L’historien Ole Jørgen Maaø, de l’École de guerre aérienne, souligne une vulnérabilité croissante de la société face à l’usage des drones.
  • La Norvège, comme d’autres pays, pourrait manquer de moyens pour faire face efficacement à ces menaces.

« C’est quelque chose d’intéressant dans la mesure où ce qui est nécessaire en 2025, c’est que quelqu’un découvre la grande vulnérabilité que nous avons dans notre société associée aux drones et à l’aviation civile, une vulnérabilité connue depuis assez longtemps, et qu’elle atteindra la surface », explique Ole Jørgen Maaø, historien et professeur agrégé à l’École de guerre aérienne, interrogé par Nettavisen.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs incidents graves impliquant des drones et des intrusions dans l’espace aérien européen, suscitant de vives préoccupations. Ole Jørgen Maaø a suivi de près ces événements et a publié une chronique sur le sujet dans le Forum de défense.

Trois catégories d’incidents identifiées

Selon le spécialiste, les diverses infractions peuvent être regroupées en trois catégories. L’une d’elles, en particulier, pourrait perturber le mode de vie en Europe et en Norvège.

Groupe 1 : Des incursions « un peu sérieuses »

Au début de l’année 2025, l’espace aérien norvégien a été violé à trois reprises par des avions de chasse russes, une situation inédite depuis dix ans. Ces incidents se sont produits dans le nord-est du Finnmark, à proximité immédiate de la frontière russe. En rendant publiques ces informations, les forces armées norvégiennes démontrent une volonté de transparence, tout en signalant à la Russie que leurs actions sont connues.

La Norvège n’est pas isolée dans cette situation. L’Estonie, la Roumanie et la Pologne ont également rapporté des comportements russes similaires et ont communiqué ouvertement à ce sujet. D’après Maaø, les Russes sont conscients que ces incursions peuvent susciter des réactions, mais qu’ils agissent en calculant l’absence de conséquences majeures.

« En Norvège, le temps de vol des intercepteurs est assez long. De plus, les avions sont prêts en 15 minutes en cas d’urgence. Si vous découvrez une violation ou une infraction potentielle, vous pouvez [les intercepteurs] rester en l’air assez longtemps avant de pouvoir atteindre la cible avec le F-35 norvégien », précise-t-il. Cette configuration rend difficile la prévention de ces intrusions spécifiques.

« Je ne considère pas ceux-ci comme très sérieux, mais ils sont un peu sérieux. Il se peut qu’ils établissent une nouvelle norme en nous titillant un peu, presque », conclut Maaø.

Groupe 2 : Des violations grossières, à peine aléatoires

Le deuxième groupe d’incidents, illustré par un cas en Pologne en septembre, concerne des violations plus significatives. Vingt drones russes ont survolé l’espace aérien polonais, pénétrant depuis la Biélorussie et l’Ukraine. Ces drones, qui se sont écrasés ou ont été abattus, n’ont heureusement fait aucune victime.

« Ces drones étaient assez grands. La plupart d’entre eux sont, d’après ce qui a été rendu public, ce que nous appelons des drones d’attaque à sens unique », indique Maaø. Il ajoute que la Russie dispose de plusieurs types de ces drones, le plus connu étant le drone Shaheed d’origine iranienne, que la Russie produit également sous licence.

« Ces drones sont préprogrammés pour voler vers une destination spécifique. Cela signifie que s’il y a 20 drones entrant dans l’espace aérien polonais, il n’y a pratiquement aucune coïncidence. C’est une violation assez grossière de l’espace aérien polonais. Nous avons déjà vu des événements similaires », poursuit-il.

Malgré la gravité de ces événements, Maaø estime que ce type d’attaque ou de situation peut être géré par des moyens de défense aérienne et des avions de chasse. L’incursion dans l’espace aérien polonais a d’ailleurs déclenché un soutien de l’OTAN, y compris via des avions F-35.

Groupe 3 : Une menace pour notre liberté de mouvement

La troisième catégorie est celle que Maaø juge la plus préoccupante. Il s’agit de ce qu’il qualifie de menace venant de l’intérieur, dont les observations de drones près de l’aéroport de Kastrup au Danemark sont un exemple probant.

Fin septembre, deux ou trois drones ont été repérés au-dessus de l’aéroport de Copenhague, entraînant sa fermeture pendant plusieurs heures. Les autorités danoises ont confirmé la présence de drones et n’excluent pas un lien avec un acteur étatique, pointant implicitement du doigt la Russie. Le président russe a même plaisanté sur l’incident, tandis que l’ambassade de Russie à Copenhague a démenti toute implication.

Le risque de voir un drone non contrôlé voler près d’aéroports civils est important. « Premièrement, vous avez la conséquence sécuritaire d’une possible collision avec un avion de passagers. De plus, il y a le risque que l’appareil, s’il perd le contrôle, tombe sur une grande ville située à proximité. Le risque est faible, mais les conséquences peuvent être énormes », détaille Maaø.

Un autre aspect est économique. La fermeture soudaine de grands aéroports internationaux engendre des perturbations et des conséquences financières majeures. Maaø souligne également l’impact psychologique de ces événements, qui peuvent engendrer de la peur et affecter le sentiment de liberté de voyager.

« Nous avançons comme nous le souhaitons, tant dans nos professions que dans la vie civile. De tels événements menacent ainsi notre liberté de mouvement », conclut-il.

Menace des drones en Norvège : « Nos systèmes sont mis à l’épreuve »

En Norvège également, plusieurs signalements de drones ont conduit à la fermeture d’aéroports, sans que la cause ou les responsables ne soient clairement identifiés. Il est pertinent de considérer des incidents où un acteur étatique agit intentionnellement pour perturber le trafic aérien civil.

Maaø estime que la Norvège n’est pas suffisamment préparée à gérer une telle menace. « Si des drones devaient voler dans l’espace aérien norvégien, la police n’est pas en mesure de le gérer, il faut être honnête. Elle dispose de certains outils, mais pas beaucoup. La défense non plus n’est pas bien préparée », déplore-t-il.

Il ajoute que la difficulté réside dans le fait que la menace ne vient pas forcément de l’extérieur, mais peut opérer à l’intérieur de l’espace aérien norvégien, près des zones sensibles. « Il est clair que les drones remettent cela en question. Ils opèrent dans la zone grise où il est difficile de dire qui est responsable », affirme-t-il.

L’expert en défense aérienne insiste sur la nécessité de renforcer ce domaine, qui représente une menace connue de longue date. « Je crois qu’au minimum, nous devons pouvoir détecter les drones et les types d’objets autour de nos aéroports les plus fréquentés. À ce jour, nous ne le faisons pas, il faut être honnête à ce sujet. Nous devons être capables de détecter et aussi de gérer une telle menace », conclut-il.

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