Quatre ans après le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le bilan humanitaire est catastrophique, avec des conséquences désastreuses pour la santé publique. Plus de 47 000 civils ukrainiens ont perdu la vie, et des millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer.
Selon les derniers chiffres, 5,6 millions d’Ukrainiens ont trouvé refuge à l’étranger, tandis que 3,8 millions ont été déplacés à l’intérieur du pays. Cette crise migratoire massive a engendré une interruption majeure dans l’accès aux soins de santé pour une population déjà fragilisée. Le système de santé ukrainien, déjà éprouvé, est confronté à des défis immenses pour répondre aux besoins urgents.
Un aspect particulièrement alarmant de ce conflit est le ciblage systématique des infrastructures de santé par les forces russes. Depuis février 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 2 591 attaques contre des établissements de santé et les infrastructures qui les desservent. La fréquence de ces attaques est en augmentation, ce qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et une normalisation inquiétante de pratiques inacceptables.
Ce ciblage délibéré, selon les observateurs, est un élément clé de la stratégie militaire russe. Il entrave l’accès aux soins pour les populations civiles, aggrave les souffrances et crée un climat de peur et d’insécurité. À ce stade, les conséquences à long terme de ces destructions sur le système de santé ukrainien restent difficiles à évaluer, mais elles s’annoncent considérables.