Publié le 23 février 2026. Une étude du Planning familial révèle une opposition croissante à l’éducation à la sexualité en Europe, avec des disparités importantes dans sa mise en œuvre et des stratégies rhétoriques communes déployées par les opposants.
L’éducation à la sexualité se heurte à des résistances de plus en plus fortes à travers l’Europe. C’est la conclusion d’une analyse comparative du Planning familial, publiée ce lundi 23 février, qui met en lumière d’importantes différences entre six pays européens en matière de législation et de mise en œuvre de ces enseignements.
Selon l’étude, les principaux obstacles sont l’absence d’un cadre juridique solide, le manque de formation des enseignants, le sous-financement de l’éducation complète à la sexualité (ECS), l’influence des mouvements opposants – qu’ils soient gouvernementaux ou associatifs – et les fortes disparités socioculturelles et religieuses locales.
Seulement 15 à 20 % des élèves français bénéficient des cours d’EVARS
En France, bien que l’éducation à la sexualité soit obligatoire depuis 2001, elle n’est réellement dispensée qu’à 15 à 20 % des élèves. De plus, le premier programme scolaire dédié à ce sujet sensible n’est entré en vigueur qu’à la rentrée 2025, après deux ans de tergiversations politiques. L’État a d’ailleurs été condamné en décembre dernier à verser un euro symbolique pour son retard dans l’organisation de ces séances.
À l’opposé, la Suède est présentée comme un modèle, proposant une éducation à la sexualité obligatoire depuis 1955 et une formation obligatoire des enseignants depuis 2021. La Hongrie, en revanche, a adopté une loi qui « restreint drastiquement (…) tout contenu non conforme à l’image traditionnelle hétérosexuelle familiale (…) ». En Italie, les initiatives restent facultatives, mais « depuis juin 2025, un décret impose le consentement parental préalable ».
L’étude souligne également que ce mouvement d’opposition repose sur une « constellation hétérogène d’acteurs », incluant des associations familiales, des partis politiques de droite et d’extrême droite, des organisations de parents et religieuses, ainsi que des médias conservateurs. Ces acteurs bénéficient du soutien de structures européennes et internationales telles que le World Congress of Families, Family Watch International, One of Us et CitizenGO. « Les organisations de plaidoyer et de lobbying anti-genre constituent la plus grande source de financement, suivies des organisations de sensibilisation du public et des médias », précise l’étude.
Des stratégies rhétoriques communes à travers l’Europe
Quel que soit le pays, ces groupes déploient des « stratégies rhétoriques » similaires, notamment la diabolisation de « l’idéologie du genre ». Cette dernière « permet de rassembler sous une même appellation des questions indépendantes (transidentités, IVG, droits LGBTQ+, ECS), donnant l’impression d’une déstructuration sociale alarmante ».
Ces stratégies d’opposition ont des conséquences concrètes, comme l’autocensure des établissements scolaires ou des compromis sur le contenu des programmes. En France, par exemple, le programme a été modifié suite aux revendications des opposants, certains sujets étant jugés « inappropriés » et repoussés.
Face à cette situation, l’étude du Planning familial recommande notamment « l’intégration de l’éducation complète à la sexualité dans la politique sociale européenne (compétences partagées) plutôt que dans l’éducation (compétences d’appui) », ainsi que la sécurisation de financements pérennes.
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