Une nouvelle étude révèle que les dauphins de la côte floridienne développent des altérations cérébrales similaires à celles observées dans la maladie d’Alzheimer, suite à leur exposition répétée aux toxines produites par les proliférations d’algues. Ces découvertes soulèvent des préoccupations quant aux conséquences à long terme de ces phénomènes sur la santé des écosystèmes marins et potentiellement humaine.
- L’exposition saisonnière aux toxines d’algues nuisibles (FAN) provoque des changements moléculaires et cellulaires dans le cerveau des grands dauphins, rappelant certains aspects de la maladie d’Alzheimer.
- La neurotoxine acide 2,4-diaminobutyrique (2,4-DAB) a été retrouvée à des concentrations significativement plus élevées chez les dauphins morts durant les périodes de prolifération d’algues.
- Les dauphins, en tant qu’espèce sentinelle, pourraient signaler des risques environnementaux futurs pour la santé humaine, notamment dans les régions de Floride où la maladie d’Alzheimer est déjà préoccupante.
Dans les eaux de Floride, les proliférations d’algues nuisibles, souvent liées au réchauffement climatique et à la pollution par les nutriments, relâchent des toxines qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire. Si les effets immédiats de ces substances sont connus, leurs impacts sur le long terme, notamment sur la santé cérébrale, demeuraient largement méconnus. C’est dans ce contexte qu’une étude publiée dans Communications Biology met en lumière les effets délétères sur les cétacés.
Le lagon d’Indian River, une vaste étendue d’eau sur la côte Est de la Floride, a été le théâtre de proliférations d’algues récurrentes au cours des vingt dernières années, phénomène accentué par le réchauffement des températures. Les grands dauphins, qui peuplent ce lagon et se situent au sommet de la chaîne alimentaire, sont particulièrement exposés. Leur longévité et leur susceptibilité aux modifications cérébrales liées à l’âge en font des sujets d’étude idéaux pour évaluer les conséquences neurologiques de l’exposition à ces toxines environnementales.
Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont analysé des tissus cérébraux provenant de 20 grands dauphins échoués et décédés dans le lagon d’Indian River entre 2010 et 2019. Les résultats sont édifiants : la présence de la neurotoxine 2,4-DAB a été détectée dans tous les échantillons, mais sa concentration était près de 3 000 fois plus importante chez les animaux ayant péri durant les périodes de prolifération d’algues. Cette exposition saisonnière a entraîné des modifications dans l’expression des gènes associés à la maladie d’Alzheimer.
Ces conclusions soulèvent des questions cruciales sur les liens potentiels entre l’exposition chronique aux toxines environnementales et le développement de maladies neurodégénératives. La Floride du Sud enregistrant déjà des taux élevés de maladie d’Alzheimer, cette étude suggère que les toxines issues des proliférations d’algues pourraient contribuer à cette prévalence régionale.
Crédit photo : DALL-E, IT BOLTWISE