Publié le 11 février 2026 23:28:00. Les envois de fonds vers le Mexique devraient connaître une baisse significative en 2025, en raison de la contraction de l’emploi et des salaires des immigrants mexicains aux États-Unis, ainsi que des inquiétudes croissantes liées à l’application de la loi sur l’immigration.
- Les revenus du travail des immigrants mexicains aux États-Unis ont diminué au deuxième trimestre 2025, entraînant une baisse des envois de fonds.
- Les envois de fonds des États-Unis devraient diminuer de plus de 4 % en 2025, tandis que ceux du Canada et du reste du monde connaissent des baisses encore plus importantes.
- La crainte de la détention et de l’expulsion, exacerbée par l’activité accrue des services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), est un facteur clé de cette diminution.
Selon un rapport du Centre d’études monétaires latino-américaines (CEMLA), les envois de fonds vers le Mexique devraient reculer en 2025, conséquence directe d’une baisse des revenus des travailleurs mexicains aux États-Unis. Cette diminution est liée à une contraction de l’emploi et, par conséquent, des salaires perçus par les immigrants.
Les données du CEMLA révèlent que les revenus du travail des immigrants mexicains ont commencé à fléchir dès le deuxième trimestre 2025. La masse salariale totale est ainsi passée de 383,515 milliards de dollars à la fin de l’année précédente à 369,325 milliards de dollars. Cette baisse de revenus se traduit directement par une diminution de la capacité des migrants à envoyer de l’argent à leurs familles restées au Mexique.
Un facteur important contribuant à cette situation est l’incertitude entourant le statut migratoire de nombreux Mexicains aux États-Unis. La crainte d’être détenus et expulsés, amplifiée par l’intensification des opérations menées par les services de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), pousse certains migrants à travailler de manière irrégulière ou à quitter le pays, réduisant ainsi leur revenu et leur capacité à envoyer des fonds.
Les envois de fonds représentent une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles mexicaines. En 2024, les migrants mexicains affectaient en moyenne 16,7 % de leurs revenus du travail aux transferts vers leur pays d’origine. Ce pourcentage est tombé à 16,2 % en 2025. Le reste de leurs revenus (83,8 %) est consacré aux dépenses courantes, aux soins de santé, au paiement des impôts et des cotisations sociales, au remboursement des dettes (y compris les hypothèques) et, dans certains cas, à l’épargne.
L’année dernière, les envois de fonds provenant uniquement des États-Unis se sont élevés à 60 milliards de dollars, soit une diminution de 2,523 millions de dollars. Le CEMLA souligne que le Mexique reçoit également des envois de fonds de migrants d’autres pays qui transitent par son territoire en direction des États-Unis.
Cependant, la contraction des transferts d’argent en provenance du Canada et du reste du monde est encore plus marquée. Les envois de fonds en provenance du Canada se sont chiffrés à 930 millions de dollars en 2025, soit une baisse de 15,1 % par rapport à l’année précédente. Ceux provenant du reste du monde s’élevaient à 855 millions de dollars, représentant une diminution de 23,8 %.
Les agences d’immigration américaines défendent leurs actions devant le Congrès américain.
KR