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Egypte et Israël… une nouvelle crise du gaz suscite des conflits politiques

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Publié le 31 octobre 2025. Un récent refus israélien concernant une transaction gazière a provoqué l’annulation d’une visite du secrétaire américain à l’Énergie, marquant une potentielle détérioration des relations entre Le Caire, Tel Aviv et Washington.

  • Le refus israélien de conclure une affaire gazière avec l’Égypte a conduit à l’annulation de la visite du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, à Tel Aviv.
  • Des experts israéliens et égyptiens divergent sur les motivations de cette décision, certains y voyant un message politique lié à Gaza, d’autres une simple considération économique.
  • L’Égypte affirme disposer de plusieurs alternatives pour compenser l’absence de gaz israélien, tandis qu’Israël pourrait subir des pertes financières et des tensions avec ses investisseurs américains.

Cette annulation de dernière minute, rapportée par le site Times of Israel, pourrait signaler des tensions accrues au sein de la coopération trilatérale entre l’Égypte, Israël et les États-Unis. Si la décision est officiellement économique, certains observateurs y voient un signe politique fort.

Le Dr Hamed Fares, professeur de sciences politiques au Caire, interprète la décision israélienne comme « le reflet des tensions accumulées entre les deux pays ». Selon lui, les relations égypto-israéliennes évoluent « d’un niveau de tension diplomatique vers une tension économique ». Il souligne qu’Israël serait le principal perdant de ce blocage, étant donné son incapacité à exporter son gaz autrement que par l’Égypte, faute d’infrastructures de liquéfaction. La construction d’une telle installation représenterait un investissement colossal, dépassant les revenus attendus du champ gazier de Leviathan.

« La décision israélienne n’est pas purement économique, mais porte plutôt des messages politiques liés à la position égyptienne sur la question de Gaza et son rejet catégorique de tout déplacement des Palestiniens vers le Sinaï. »

Dr Hamed Fares, professeur de sciences politiques

Le Dr Fares estime que Tel Aviv cherche à exercer une pression économique sur Le Caire. Cependant, il assure que « l’Égypte ne cédera pas à ces pressions et n’acceptera aucune atteinte à sa souveraineté ou à son rôle dans la cause palestinienne ». Il ajoute qu’Israël fait également face à des pressions de Washington et d’entreprises américaines impliquées dans le développement du champ de Leviathan, cherchant à rentabiliser leurs investissements.

À l’inverse, Nael Al-Zoubi, expert des affaires israéliennes, propose une lecture différente. Pour lui, la décision est « purement professionnelle et économique », sans lien avec les désaccords politiques ou le dossier de Gaza.

« Nous vénérons les accords avec l’Égypte et la considérons comme un partenaire stratégique essentiel au Moyen-Orient. La décision découle de calculs ponctuels liés aux profits et pertes. »

Nael Al-Zoubi, expert des affaires israéliennes

Concernant la capacité de l’Égypte à compenser le gaz israélien, le Dr Fares met en avant plusieurs options. Outre un accord gazier prévu avec Chypre pour 2027, l’Égypte dispose de cinq unités flottantes de gazéification, dont quatre sur son territoire et une en Jordanie. Le pays travaille également à l’augmentation de sa production nationale, avec la récente découverte d’un nouveau puits dans le champ de Zohr, renforçant ainsi sa sécurité énergétique. Pour lui, l’Égypte ne sera pas affectée économiquement par l’annulation de cet accord, contrairement à Israël qui pourrait perdre des opportunités d’exportation et entrer en conflit avec ses investisseurs américains.

Nael Al-Zoubi, quant à lui, affirme qu’Israël ne cherche pas à tendre ses relations avec l’Égypte, qu’il considère comme un partenaire vital pour la stabilité régionale, réfutant toute intention hostile. Il qualifie de « démesurée » l’idée d’utiliser le gaz comme levier de pression politique, Israël voyant l’Égypte comme un médiateur régional important.

Malgré ces points de vue divergents sur les motivations de la décision, les deux analystes s’accordent à dire que cette nouvelle crise gazière représente un test crucial pour les relations entre Le Caire et Tel Aviv. L’imbrication des dossiers énergétiques, politiques et sécuritaires, ainsi que le rôle croissant de l’Égypte en tant qu’acteur clé dans la dynamique de la Méditerranée orientale, rendent cet enjeu particulièrement sensible.

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