Publié le 21 février 2026 03:04:00. Des chercheurs de l’Université RMIT ont mis au point un dispositif flexible à base de nylon capable de produire de l’électricité à partir de la simple compression, ouvrant la voie à des capteurs auto-alimentés et à de nouvelles sources d’énergie durable.
- Un nouveau matériau, le nylon-11, génère de l’électricité lorsqu’il est soumis à une pression ou à une vibration.
- Le dispositif est exceptionnellement robuste et continue de fonctionner même après avoir été soumis à des contraintes importantes, comme le passage d’un véhicule.
- Cette innovation pourrait alimenter une nouvelle génération d’appareils, des technologies portables aux systèmes de gestion du trafic.
Une équipe de l’Université RMIT a réussi à transformer un plastique couramment utilisé, le nylon, en une source d’énergie inattendue. Cette percée s’appuie sur le principe de la piézoélectricité, un phénomène physique par lequel certains matériaux génèrent une charge électrique lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique. Si le quartz, certaines céramiques et même les os sont connus pour posséder cette propriété, l’application à un polymère flexible comme le nylon représente une avancée significative. La charge électrique est ainsi produite par compression, pression ou vibration.
Les véhicules modernes utilisent déjà des composants piézoélectriques dans divers systèmes, tels que les injecteurs de carburant, les capteurs de stationnement et les airbags. Cette nouvelle innovation pourrait offrir une alternative plus durable et potentiellement moins coûteuse pour ces applications. L’équipe souligne que cette technologie répond à un défi de longue date : les plastiques récupérateurs d’énergie, bien que prometteurs, sont souvent trop fragiles pour une utilisation intensive. De plus, elle contribue à la réduction des émissions de carbone en valorisant l’énergie ambiante présente dans le mouvement et la pression. La percée a été publiée dans la revue Nature.
Le secret de cette résistance réside dans un processus de fabrication innovant. Les chercheurs ont utilisé des vibrations sonores à haute fréquence tout en appliquant un champ électrique pendant la solidification du nylon. Cette technique permet d’aligner les molécules du polymère, créant une structure plus ordonnée et optimisant sa capacité à générer de l’électricité lorsqu’il est plié, pressé ou tapé. Ils ont ainsi transformé le nylon en un générateur d’énergie « incroyablement résistant ».
« Cette méthode pourrait alimenter des appareils de nouvelle génération qui doivent survivre aux contraintes du monde réel, qu’il s’agisse de technologies portables, de capteurs ou de surfaces intelligentes. »
Professeur Leslie Yeo, École d’ingénierie de l’Université RMIT
Le Dr Amgad Rezk met en avant les avantages industriels de ce processus, soulignant son caractère économe en énergie et sa capacité à être mis à l’échelle. « Nous sommes impatients de voir où les partenaires industriels potentiels pourraient utiliser cette technologie, de l’électronique flexible aux équipements sportifs », a-t-il déclaré.
Il est important de noter que le nylon standard ne convertit pas efficacement le mouvement en électricité. L’équipe a donc opté pour un plastique industriel spécifique, le nylon-11, qui, grâce à son alignement moléculaire précis, est capable de générer de l’électricité sous pression. Selon un communiqué de presse de l’université, les films en nylon ainsi produits sont non seulement flexibles et résistants, mais conservent également leur capacité à transformer le mouvement en énergie de manière fiable.
Les tests ont démontré l’incroyable robustesse de ces dispositifs. « Nos appareils en nylon peuvent récupérer de l’énergie simplement grâce à la compression pendant le mouvement », explique Komljenovic. « Les appareils à couche mince sont si robustes que vous pouvez les plier, les étirer et même faire passer une voiture dessus – et ils continuent à produire de l’énergie. Cela pourrait signifier de nouvelles façons de charger de petits appareils en utilisant la compression du mouvement des personnes, des machines ou des véhicules. »
Les chercheurs envisagent désormais d’étendre l’application de cette technologie à des domaines plus vastes et de rechercher des partenariats avec l’industrie pour accélérer sa commercialisation.