Publié le 9 février 2026 à 05h26. L’exploration spatiale de l’homme prend un nouveau tournant : Elon Musk, fondateur de SpaceX, a annoncé une réorientation stratégique, privilégiant désormais l’établissement d’une présence humaine durable sur la Lune au détriment de ses ambitions martiennes à long terme.
- SpaceX concentre désormais ses efforts sur la construction d’une « ville autonome » sur la Lune, une initiative jugée plus réalisable à court terme que la colonisation de Mars.
- Elon Musk estime que la Lune est une étape plus accessible, avec des fenêtres de lancement toutes les dix jours, contre tous les 26 mois pour Mars.
- Cette décision intervient après l’acquisition par SpaceX de XAI et alors que la NASA poursuit son propre programme lunaire, Artemis.
Elon Musk a révélé ce changement de cap sur sa plateforme X (anciennement Twitter) dimanche, expliquant que la priorité absolue est désormais « d’assurer l’avenir de la civilisation ». Il a souligné la rapidité d’accès à la Lune, avec des opportunités de lancement tous les dix jours (pour un voyage de deux jours), contrairement à Mars, où les fenêtres de lancement ne s’ouvrent que tous les 26 mois (pour un voyage de six mois).
« La priorité absolue est d’assurer l’avenir de la civilisation et la Lune est plus rapide »,
Elon Musk
SpaceX prévoit de construire une « ville auto-croissante » sur notre satellite, mais les détails de ce projet restent flous. L’entreprise n’a pas précisé ce que cela impliquerait concrètement. CNN a contacté SpaceX pour obtenir des éclaircissements.
Malgré ce recentrage, Musk assure que l’objectif de coloniser Mars n’est pas abandonné. Il prévoit de commencer la construction d’une ville martienne dans environ cinq à sept ans. En mai 2025, il avait déjà annoncé que SpaceX travaillait à l’envoi d’un premier vaisseau spatial sans équipage sur la planète rouge. Voir aussi sur CNN.
Ce changement de stratégie intervient après l’acquisition de XAI par SpaceX la semaine dernière, une fusion qui a propulsé l’entreprise à la première place des sociétés privées les plus valorisées au monde.
Pendant plus d’une décennie, Musk a fait de la colonisation de Mars le pilier de la vision de SpaceX, créée en 2002. Il a régulièrement exposé ses ambitions lors de conférences et d’événements aérospatiaux, présentant la colonisation martienne comme une nécessité pour assurer la survie de l’humanité face à une éventuelle catastrophe.
La NASA, de son côté, a concentré ses efforts sur le retour sur la Lune, notamment sous l’impulsion de l’administration Trump. En 2019, l’ancien vice-président Mike Pence avait annoncé que les États-Unis renverraient des astronautes sur la Lune d’ici 2024. Plus d’informations sur l’annonce de Mike Pence.
Ce calendrier ambitieux n’a pas été respecté et la NASA vise désormais un retour sur la Lune en 2028, soit le même objectif que celui fixé sous l’administration Obama. Ce retour marquerait la première fois que des humains foulent le sol lunaire depuis la fin du programme Apollo en 1972.
Musk avait déjà critiqué le programme lunaire de la NASA, baptisé Artemis, le qualifiant de « distraction » sur X au début de l’année dernière. Voir le tweet d’Elon Musk.
« Non, nous allons directement sur Mars. La Lune est une distraction. »
Elon Musk
SpaceX a remporté un contrat de près de 3 milliards de dollars pour développer un atterrisseur lunaire, le véhicule qui transportera l’équipage du vaisseau spatial jusqu’à la surface lunaire. L’entreprise compte utiliser son système Starship pour cette mission – le plus grand système de vaisseau spatial et de fusée jamais construit, et le véhicule que Musk considère comme essentiel pour emmener des humains sur Mars.
Starship est encore en phase de développement et a connu plusieurs explosions lors des tests. Il n’a jamais atteint l’orbite ni effectué de vol opérationnel. SpaceX prévoit de lancer une nouvelle série de prototypes de Starship dès le début mars.
Le rôle de Starship dans le programme lunaire de la NASA a également suscité des controverses. Sean Duffy, ancien secrétaire aux Transports de l’administration Trump et administrateur par intérim de la NASA, avait mis en garde l’année dernière contre les retards potentiels de SpaceX dans la livraison de l’atterrisseur lunaire, soulignant la compétition avec la Chine dans le domaine de l’exploration lunaire. Duffy avait même menacé de retirer SpaceX du projet et d’en confier la responsabilité à Blue Origin, la société de Jeff Bezos.
Blue Origin, qui détient également un contrat de plusieurs milliards de dollars avec la NASA pour développer un atterrisseur lunaire, a annoncé le mois dernier qu’elle suspendait les vols de sa fusée suborbitale de tourisme spatial New Shepard pour se concentrer sur le développement de l’atterrisseur lunaire.
La NASA se prépare également à lancer sa première mission avec équipage du programme Artemis, Artemis II, qui fera le tour de la Lune sans y atterrir. Le lancement est prévu pour mars.