Publié le 23 octobre 2025. Elon Musk qualifie de « terroristes » les cabinets de conseil en vote qui s’opposent à son projet de rémunération de 1 000 milliards de dollars. Le PDG de Tesla s’inquiète de perdre le contrôle de l’entreprise face à ces recommandations, qu’il juge erronées.
- Elon Musk dénonce le rôle des cabinets ISS et Glass Lewis, qu’il accuse d’exercer une influence disproportionnée sur les décisions des actionnaires.
- Le controversé plan de rémunération prévoit d’attribuer jusqu’à 1 000 milliards de dollars au PDG en cas d’atteinte d’objectifs ambitieux pour Tesla, notamment dans l’IA et la robotique.
- Le vote des actionnaires est prévu pour le 6 novembre, dans un contexte de bataille intense entre les partisans du projet et ses détracteurs.
Le PDG de Tesla, Elon Musk, a violemment critiqué les cabinets de conseil en vote, tels qu’ISS et Glass Lewis, les qualifiant d’« entreprises terroristes ». Ces firmes ont recommandé aux actionnaires de rejeter le plan de rémunération historique proposé à Musk, estimé à 1 000 milliards de dollars (environ 940 milliards d’euros), s’il atteint ses objectifs.
Lors d’une récente conférence sur les résultats de Tesla, le dirigeant emblématique a indiqué que le véritable enjeu n’était pas la compensation elle-même, mais sa capacité à conserver une influence suffisante pour piloter l’avenir de l’entreprise dans des domaines comme l’intelligence artificielle, les robotaxis et les robots humanoïdes. Il a confié ne pas se sentir « à l’aise à l’idée de construire une armée de robots pour ensuite être écarté à cause de recommandations stupides de ISS et Glass Lewis ». Musk estime avoir besoin d’environ 20 % des voix pour maintenir une « forte influence », tout en restant potentiellement révocable en cas de comportement jugé excessif.
Ces déclarations surviennent alors que la direction de Tesla intensifie ses appels aux actionnaires pour qu’ils soutiennent la proposition de rémunération soumise au vote le 6 novembre. Ce package, s’il est approuvé, constituerait la plus importante rémunération de l’histoire d’une entreprise. Il conditionne l’attribution de jusqu’à 1 000 milliards de dollars en actions à l’atteinte de plusieurs objectifs : porter la capitalisation boursière de Tesla à 8 500 milliards de dollars, vendre 12 millions de voitures, 1 million de robots humanoïdes, lancer un million de robotaxis, et augmenter le bénéfice ajusté de 16,6 milliards de dollars en 2024 à 400 milliards de dollars.
L’approbation de ce plan pourrait faire passer la participation de Musk dans Tesla de 13 % à près de 29 %, lui conférant ainsi un contrôle accru sur la société. Le conseil d’administration de Tesla a d’ailleurs mis en garde : un rejet de l’accord par les actionnaires pourrait inciter Musk à réduire son implication, voire à se retirer complètement.
Si ISS et Glass Lewis ont formellement recommandé aux investisseurs de voter contre tout ou partie de ce programme salarial, des soutiens de poids comme Cathie Wood, fondatrice d’Ark Invest, se montrent confiants quant à son adoption « de manière décisive ». Interrogé peu après la conférence, Musk a utilisé la plateforme X (anciennement Twitter) pour fustiger ces cabinets de conseil, les accusant d’exercer une influence excessive en raison de la délégation du vote de leurs actionnaires par les grands fonds indiciels. Il a dénoncé le fait que ces sociétés, qui ne possèdent pas réellement d’actions, « votent souvent selon des lignes politiques aléatoires, sans rapport avec les intérêts des actionnaires ».
Musk a également jugé « absurde et sans doute illégal » que ces cabinets ne soient pas enregistrés en tant que conseillers en investissement.
La saga du salaire d’Elon Musk
La polémique autour de la rémunération d’Elon Musk ne date pas d’aujourd’hui. L’année précédente, un juge du Delaware avait annulé son plan de rémunération de 2018, alors estimé à environ 56 milliards de dollars, arguant que le conseil d’administration de Tesla avait été indûment influencé par Musk lors de son approbation. Face à cette décision, Tesla avait cherché à faire ratifier à nouveau ce plan par un vote des actionnaires, soulignant son importance pour maintenir l’engagement de Musk envers le constructeur automobile. L’entreprise n’avait pas lésiné sur les moyens pour rallier les investisseurs, diffusant des publicités et envoyant des lettres.
En juin 2024, les actionnaires avaient finalement voté en faveur de l’approbation du package salarial proposé à Musk. Cependant, certains critiques continuent de s’inquiéter d’un contrôle trop important accordé à Musk, parallèlement à une responsabilité jugée insuffisante au vu de ses multiples engagements. D’autres s’interrogent sur la pertinence de sa focalisation sur l’IA et les robots humanoïdes, craignant un détournement d’attention par rapport au cœur de métier de Tesla : les véhicules électriques.
À l’inverse, les partisans de Musk défendent ce salaire comme une juste récompense de sa vision, de son leadership et de son rôle dans la transformation de Tesla en un leader sectoriel. Ron Baron, fondateur de Baron Funds et actionnaire de longue date, avait déclaré en juin 2024 : « Elon est l’homme clé ultime du risque. Sans son dynamisme incessant et ses normes intransigeantes, il n’y aurait pas de Tesla ».