Publié le 2025-10-08 10:30:00. Les titres liés aux actions (ELS), produits financiers potentiellement rémunérateurs mais risqués, refont surface sur le marché sud-coréen. Suite à des pertes importantes par le passé, les autorités financières envisagent un assouplissement des règles de vente, tout en renforçant la protection des investisseurs.
- L’émission des ELS a augmenté de 3,5 billions de wons (environ 2,5 milliards d’euros) au premier semestre 2025, atteignant 21,7 billions de wons.
- Les banques commerciales, qui ont indemnisé une partie des pertes liées aux ELS sur l’indice de Hong Kong, se préparent à relancer ces produits.
- Les nouvelles règles imposeront la vente d’ELS uniquement dans des « succursales de base » dotées de personnel spécialisé et de dispositifs renforcés d’information sur les risques.
Après une période de turbulences, notamment marquée par des pertes considérables sur les produits liés à l’indice boursier de Hong Kong fin 2023, le marché des titres liés aux actions (Equity-Linked Securities – ELS) connaît un regain d’intérêt. Cette reprise intervient alors que les marchés boursiers nationaux et internationaux montrent des signes de rétablissement. L’émission de ces produits financiers, qui promettent des rendements potentiellement élevés basés sur la performance d’indices boursiers ou d’actions spécifiques, a ainsi progressé de 3,5 billions de wons (environ 2,5 milliards d’euros) par rapport à l’année précédente, pour atteindre 21,7 billions de wons (environ 15,7 milliards d’euros) au cours du premier semestre 2025, selon les données du Service financier de Corée (FSS).
Face à ce regain d’activité, le FSS explique cette tendance par la hausse des cours boursiers et des taux d’intérêt, qui rendent ces placements plus attractifs. L’augmentation de la part des produits sans garantie de remboursement du capital en cas de perte, qui est passée de 43,3 % à 46,5 %, souligne néanmoins le risque inhérent à ces investissements. Certaines sociétés de courtage ont même vu leurs nouvelles émissions d’ELS s’écouler rapidement.
Les banques commerciales, qui ont largement couvert les pertes substantielles subies par leurs clients dans le sillage de la crise des ELS liés à Hong Kong, se préparent activement à une reprise des ventes. Plus de 96 % des dédommagements auraient déjà été versés en l’espace d’un an. Cependant, les autorités financières ont mis en place des conditions strictes pour cette réintroduction. Désormais, la vente d’ELS ne sera autorisée que dans des « succursales de base » spécifiques. Ces espaces dédiés seront dotés de conseillers professionnels et d’un dispositif renforcé d’information sur les risques, ainsi que de procédures d’adéquation de l’investisseur plus rigoureuses.
Les grandes banques sud-coréennes, telles que Kookmin, Shinhan, Hana, Woori et Nonghyup, désigneront environ 5 à 10 % de leurs agences comme « succursales de base ». Cette mesure vise à garantir une meilleure compréhension des produits et une gestion plus prudente des risques pour les clients.
Les ELS sont des instruments financiers dont les gains dépendent des fluctuations des indices boursiers ou des prix d’actions sous-jacentes. Bien qu’ils puissent offrir des rendements supérieurs aux dépôts bancaires classiques, ils comportent un risque de perte du capital investi. Il est crucial pour les investisseurs de comprendre en détail la structure du produit, la volatilité potentielle du capital, les conditions de remboursement anticipé et les actifs sous-jacents avant de s’engager. Pour les investisseurs novices, privilégier des structures simples, comme les produits de type exponentiel, est recommandé.
D’autres produits similaires existent, tels que les dépôts liés aux actions (Equity-Linked Deposits – ELD) et les obligations dérivées liées aux actions (Equity-Linked Bonds – ELB). Les ELD sont des produits d’épargne bancaire où le capital est garanti à hauteur de 100 millions de wons (environ 72 000 euros) par déposant, mais des frais peuvent s’appliquer en cas d’annulation avant terme. Les ELB, émis par des sociétés de courtage et des banques, offrent des rendements potentiellement plus élevés, parfois à deux chiffres, mais ne bénéficient pas de la garantie des dépôts bancaires.