Home Santé En Iran, le régime utilise l’anniversaire de la Révolution islamique comme vitrine politique

En Iran, le régime utilise l’anniversaire de la Révolution islamique comme vitrine politique

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Téhéran se prépare à célébrer le 47e anniversaire de la Révolution islamique en pleine tension, alors que le régime tente de projeter une image de force face à la contestation intérieure et aux pressions internationales. Des arrestations récentes de figures réformatrices jettent une ombre sur les commémorations, tandis que des accusations émergent concernant une possible instrumentalisation des participants aux festivités.

Le président iranien Massoud Pézeshkian a réaffirmé la détermination de son pays à ne pas céder aux « demandes excessives » à l’approche de la reprise des négociations sur le programme nucléaire iranien. S’exprimant sur la place Azadi (« Liberté » en persan) à Téhéran, il a déclaré : « Notre pays, l’Iran, ne cédera pas à leurs demandes excessives. Notre Iran ne cédera pas devant une agression, mais nous continuons le dialogue de toutes nos forces avec les pays voisins afin d’instaurer la paix et la tranquillité dans la région. »

Au-delà de la rhétorique, le régime semble vouloir faire de cette célébration une démonstration de puissance à destination de l’Occident. Des images soigneusement orchestrées et la diffusion massive de scènes de foule sur les médias d’État visent à donner l’illusion d’une unité nationale, malgré les signes de fragilité du pouvoir.

Des opposants en exil affirment que Téhéran pourrait « monnayer » la participation à ces événements, en échange de gestes de clémence envers des prisonniers ou des familles de manifestants arrêtés. Selon le collectif d’avocats iraniens Passifun, qui opère depuis l’étranger, plusieurs familles de personnes interpellées en janvier ont reçu des invitations à assister aux commémorations, avec la promesse d’une possible grâce pour leurs proches.

À la veille des célébrations, les Gardiens de la Révolution ont procédé à l’arrestation de plusieurs personnalités du camp réformateur, dont Azar Mansouri, secrétaire générale et Javad Emam, porte-parole du Front des réformateurs, une coalition regroupant 27 factions différentes. Ces arrestations interviennent dans un contexte de répression accrue des voix dissidentes et visent à étouffer les critiques concernant la gestion des récentes manifestations par les forces de sécurité.

Azar Mansouri avait publiquement dénoncé la violence de la répression sur son compte Instagram début février : « De tout notre être, nous exprimons notre dégoût et notre colère envers ceux qui ont plongé la jeunesse de ce pays dans la mort et le sang. » Ancienne conseillère du président réformateur Mohammad Khatami, elle avait déjà été emprisonnée après les manifestations de 2009.

Les autorités iraniennes justifient ces arrestations par une longue liste d’accusations, notamment « porter atteinte à l’unité nationale », « prendre position contre la Constitution », « inciter à la reddition », « pervertir des groupes politiques » et « créer des mécanismes subversifs clandestins », ainsi que « collaborer avec les États-Unis et Israël ».

Une militante pro-démocratie iranienne, qui a souhaité rester anonyme, estime que cette vague d’arrestations témoigne de la panique qui s’est emparée du régime, confronté à des dissensions internes et à un climat général de méfiance. Le camp réformateur avait apporté son soutien à Massoud Pezechkian lors de la campagne présidentielle de 2024.

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