Le lait de chamelle, déjà une valeur établie à Dubaï depuis près de vingt ans, s’apprête à conquérir de nouveaux marchés sous l’impulsion de son nouveau PDG, Mark Wyllie. L’objectif : doubler les ventes aux Émirats arabes unis et faire du lait de chamelle une boisson du quotidien.
Camelicious, qui opère la plus grande ferme laitière de chameaux au monde à la périphérie de Dubaï, affiche des ambitions claires. Mark Wyllie, aux commandes depuis cet été, entend bien dynamiser la consommation de ce produit aux multiples vertus. « Il y a peut-être 50 000 utilisateurs fidèles de Camelicious aux Émirats arabes unis. Honnêtement, il devrait y en avoir au moins 100 000, idéalement 300 000, car les bienfaits sont là. C’est un super aliment, il améliore la santé intestinale, il vous donne de l’énergie », affirme-t-il, persuadé du potentiel inexploité.
La stratégie de Wyllie est résolument axée sur des usages spécifiques, délaissant l’idée de concurrencer frontalement le lait de vache. « Nous n’allons pas rivaliser de front avec les vaches », précise-t-il. « Nous n’allons certainement pas verser du lait sur les cornflakes. Nous recherchons des gens qui se soucient de leur santé et de leur bien-être. Donc, les lattes, les cappuccinos, les matcha lattes, les smoothies protéinés. Concentrez-vous simplement sur ces deux ou trois occasions et continuez vraiment à les pousser. »
Cette « stratégie d’occasion » vise à intégrer le lait de chamelle dans des routines de consommation ciblées. Faire du lait de chamelle le choix privilégié pour un café du matin ou une boisson post-entraînement permettrait d’élargir son marché sans ambitionner de remplacer le lait de vache dans les petits-déjeuners familiaux. Le profil nutritionnel du lait de chamelle, naturellement moins gras, doté de protéines plus digestes et d’un goût subtil légèrement sucré, se prête parfaitement à ces usages. Wyllie encourage les plus sceptiques à tester le produit, en commençant par un cappuccino ou un smoothie.
Avant de rejoindre Camelicious, Mark Wyllie travaillait pour le géant laitier saoudien Almarai, sans jamais avoir goûté de lait de chamelle. « L’entretien d’embauche pour Camel vient d’arriver », raconte-t-il. « Je me suis dit : je suis du côté droit de la soixantaine. Je suis prêt à essayer quelque chose de différent ? Allons-y avec des chameaux. » Désormais converti, il consomme lui-même un demi-litre de lait de chamelle par jour, l’intégrant notamment dans son café.
Si les Émirats arabes unis constituent un marché de développement clé, la Chine représente déjà un moteur de croissance majeur. Camelicious exporte une quantité importante de lait de chamelle en poudre aux consommateurs chinois âgés, sous forme de sachets individuels consommés quotidiennement pour leurs bienfaits sur la santé.
« C’est traçable, c’est durable, c’est éthique. Il y a toute la qualité de Dubaï derrière lui », insiste Wyllie, qui souhaite faire connaître davantage ces atouts. « La prochaine tâche consiste à réellement commercialiser ce produit, à en faire une entreprise qui non seulement produit du lait de chamelle très sain et de grande valeur, mais qui montre également qu’on peut en faire une entreprise. »
Mark Wyllie compare le potentiel du lait de chamelle à celui des autres alternatives végétales au lait de vache. « Si vous pouvez faire un business avec le lait de soja, le lait d’amande, le lait de chèvre et toutes ces autres choses coûteuses, il y a certainement un business dans le lait de chamelle. Et c’est ce que nous devons prouver maintenant. »