Cuba se prépare à des restrictions sévères dans les services publics et le quotidien de ses citoyens, conséquence d’une crise énergétique aggravée par les sanctions américaines. Le gouvernement a annoncé un plan d’austérité drastique visant à préserver les services essentiels, mais qui se traduira par des coupes budgétaires et des limitations importantes pour la population.
La situation s’est considérablement détériorée depuis décembre dernier, lorsque Cuba a cessé de recevoir des livraisons de pétrole du Venezuela, suite à un blocus imposé par l’administration américaine de Donald Trump. Ce dernier avait également menacé d’imposer des droits de douane aux pays continuant à fournir du pétrole à l’île, une mesure qualifiée par La Havane d' »acte d’agression brutal ». Plus récemment, le Mexique, principal fournisseur de Cuba, a également interrompu ses livraisons.
Le gouvernement cubain dénonce une « escalade agressive » de la part des États-Unis, accusant Washington d’imposer un « blocus énergétique » destiné à « étouffer complètement » l’économie de l’île, selon les déclarations du président Miguel Díaz-Canel. Le vice-Premier ministre Óscar Pérez-Oliva a quant à lui affirmé que les États-Unis étaient responsables des mesures d’austérité actuelles.
Concrètement, les liaisons de bus, de train et de ferry seront fortement réduites. L’administration publique fonctionnera uniquement du lundi au jeudi, afin de réaliser des économies d’énergie. Les journées scolaires seront raccourcies et les exigences de fréquentation à l’université seront assouplies. Les ventes de carburant seront également limitées.
Le secteur touristique, source importante de devises pour Cuba, sera partiellement épargné, mais l’offre sera concentrée sur les destinations les plus prisées, a précisé Óscar Pérez-Oliva. Les opérations dans les aéroports devront cependant être maintenues.
Cuba traverse actuellement sa pire crise économique depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Depuis fin 2024, l’île a connu cinq pannes de courant majeures, certaines durant plusieurs jours. Les coupures d’électricité, qui peuvent atteindre plus de 20 heures, sont devenues monnaie courante. Le réseau électrique, vétuste et manquant d’investissements, est incapable de répondre à la demande, aggravant la pénurie de nourriture et de médicaments.
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé l’installation de 20 000 systèmes solaires, comprenant des panneaux solaires et des batteries pour une utilisation nocturne. Ces installations alimenteront les maisons de retraite, les crèches, les centres communautaires et les banques.