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Enquête express : une nation, quelques parivars | Actualités des enquêtes express

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Publié le 2025-10-23 08:35:00. Une enquête révèle l’ampleur du phénomène des « dynastes » – enfants, petits-enfants et autres parents de personnalités politiques – occupant des postes électifs à travers l’Inde, tous partis confondus. Cette tendance soulève des questions sur le népotisme et l’égalité des chances dans la vie politique indienne.

La scène politique indienne semble de plus en plus dominée par les dynasties politiques. Des élections dans le Bihar aux assemblées législatives nationales, le profil des candidats et élus révèle une concentration frappante des mandats au sein de familles déjà établies dans la sphère publique. Cette observation, loin d’être isolée, se confirme d’un État à l’autre et d’un parti à l’autre.

Une étude approfondie menée par The Indian Express met en lumière l’ampleur de ce phénomène. Selon cette enquête, fils et filles de députés, de ministres et de chefs de partis rejoignent les formations politiques, pour ensuite obtenir des investitures et accéder aux assemblées législatives et aux gouvernements. Ce « transfert » familial de pouvoir semble gagner en influence.

Le paradoxe réside dans le fait que cette tendance se manifeste même au sein du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti actuellement au pouvoir pour son troisième mandat consécutif au centre. Avec une présence croissante dans les États, le BJP compte aujourd’hui 2 078 législateurs. Parmi eux, 18,62 % sont issus de dynasties politiques. Le Congrès, quant à lui, affiche un taux encore plus élevé, frôlant le double de cette proportion. Bien que son empreinte politique se soit réduite au Lok Sabha (99 députés) et qu’il ne gouverne plus que dans trois États (représentant 857 législateurs), 33,25 % de ces élus sont des dynastes, une tendance illustrée par la présence de trois membres de la famille Gandhi au Parlement.

La situation est encore plus marquée au sein des partis régionaux, où les dynasties politiques semblent s’ancrer plus profondément. Ce constat suggère des barrières à l’entrée significatives pour les nouveaux venus et un manque d’équité dans le paysage politique.

Au sein de la National Democratic Alliance (NDA), des formations comme le Telugu Desam Party (TDP) en Andhra Pradesh comptent 51 dynastes sur 163 législateurs (31,28 %), tandis que le Janata Dal (United) en affiche 28 sur 81 (34,57 %). De l’autre côté du spectre politique, au sein de l’Indian National Developmental Inclusive Alliance (INDIA), le Samajwadi Party d’Akhilesh Yadav compte 55 dynastes sur 158 législateurs (34,81 %). Le Trinamool Congress de la Ministre en chef du Bengale occidental, Mamata Banerjee, en a 33 sur 268 (12,31 %), et le DMK du Ministre en chef du Tamil Nadu, M.K. Stalin, en compte 30 sur 172 (17,44 %). Le YSR Congress Party (YSRCP), jusqu’alors non aligné, compte 15 dynastes sur 56 (26,78 %).

L’enquête de The Indian Express, basée sur des données compilées jusqu’au 20 septembre 2025 à partir de sources officielles, d’analyses de déclarations sous serment électorales et de rapports de la Commission électorale, ainsi que d’entretiens avec des experts, révèle des chiffres précis. Les « législateurs » englobent les membres des deux chambres du Parlement (Lok Sabha et Rajya Sabha) ainsi que les membres des assemblées législatives des États (MLAs et MLCs). Les « familles » sont définies au sens large, incluant les descendants directs et les parents par alliance.

Le BJP pourrait se prévaloir d’un terrain de jeu plus équitable, ses dirigeants affirmant que leur leadership n’est pas dynastique. Cependant, la montée en puissance des « dynastes » au sein du parti, qui prône pourtant la lutte contre le népotisme, devrait susciter des inquiétudes. En effet, le BJP se retrouve en tête lorsqu’il s’agit de familles comptant plusieurs membres siégeant simultanément dans les parlements nationaux ou les assemblées d’État.

L’étude a identifié 149 familles qui comptent actuellement plus d’un membre siégeant dans les législatures des États ou au Parlement, représentant un total de 337 législateurs. Ce nombre équivaut à peu près à la force combinée des assemblées d’État de cinq États : l’Arunachal Pradesh, Delhi, l’Himachal Pradesh, le Manipur et l’Uttarakhand.

Parmi ces 149 familles, on retrouve notamment six ministres du Cabinet de l’Union, cinq ministres d’État, neuf ministres en chef, sept vice-ministres en chef, 35 ministres d’État et deux présidents d’assemblée. De plus, 23 de ces familles comptent chacune plus de deux membres élus.

La répartition de ces 149 familles selon leur affiliation politique est la suivante :

  • Le BJP arrive en tête avec 84 législateurs issus de ces familles, suivi de près par le Congrès avec 73.
  • Ces législateurs comprennent 49 paires père-fils, 14 paires père-fille, 7 mères-fils et 4 mères-filles. On dénombre également 80 fratries et 21 couples mariés, ainsi que 26 cousins, 17 couples oncle-neveu et 2 tantes-neveux.
  • Parmi ces 149 familles, 27 sont entièrement alignées sur le BJP, tandis que 23 comptent des membres au sein du BJP mais aussi dans d’autres partis ou comme indépendants.
  • De même, 32 familles sont entièrement affiliées au Congrès, dont cinq partagent des élus avec d’autres formations.

Parmi les personnalités éminentes figurent le ministre de la Défense, Rajnath Singh, dont le fils, Pankaj Singh, est député ; Mallikarjun Kharge, président du Congrès et député du Rajya Sabha, et son fils Priyank Kharge, ministre et MLA dans le Karnataka ; le vice-ministre en chef du Maharashtra, Eknath Shinde, et son fils Shrikant Shinde, député du Lok Sabha ; et le ministre en chef du Karnataka, Siddaramaiah, et son plus jeune fils Yathindra, membre du Conseil législatif.

Les clans les plus connus incluent les Gandhi (Congrès), les Scindia (BJP), les Naidu (TDP), ainsi que les familles de feu Mulayam Singh Yadav et de son fils Akhilesh Yadav (SP), de Lalu Prasad (RJD), de Sharad Pawar (factions NCP), de H.D. Deve Gowda (JDS), de Y.S. Jagan Mohan Reddy (YSRCP), de K. Chandrashekar Rao (BRS), de B.S. Yediyurappa (BJP) et de M.K. Stalin (DMK).

La famille d’Akhilesh Yadav est la plus représentée, avec huit membres élus actuellement : cinq députés au Lok Sabha, un au Rajya Sabha et deux MLAs, tous issus du Samajwadi Party.

D’autres exemples notables incluent les quatre frères Jarkiholi du Karnataka, représentant différents partis : Balachandra et Ramesh sont des MLAs du BJP ; Satish est un MLA du Congrès et ministre d’État, dont la fille Priyanka est également MLA du Congrès ; et Lakhan est un membre indépendant du Conseil législatif. Les Sangma du Nord-Est sont également un exemple marquant : l’épouse, l’oncle et le beau-frère du Ministre en chef du Meghalaya, Conrad Sangma – lui-même fils de l’ancien président P.A. Sangma – sont tous députés.

Deux cas particuliers, bien que ne correspondant pas strictement aux critères précédents, méritent d’être soulignés : des élus actuels liés à des gouverneurs en exercice. Pusapati Aditi Vijayalakshmi Gajapathi Raju, fille du gouverneur de Goa, Pusapati Ashok Gajapathi Raju, est MLA du TDP à Vizianagaram. Kriti Devi Debbarman, nièce du gouverneur du Tripura, Jishnu Debbarman, est députée du BJP à Tripura Est.

Dynastes issus de lignées politiques établies

Au-delà des familles comptant plusieurs membres élus simultanément, l’enquête de The Indian Express révèle qu’au total, 1 174 « dynastes » issus de 989 familles figurent parmi les 5 294 législateurs actuels du pays. Ce chiffre inclut les descendants directs et les proches parents d’anciens législateurs et chefs de parti, bénéficiant ainsi d’un héritage politique.

En se basant sur ces données globales :

  • Parmi les 2 078 législateurs du BJP, 387 (18,62 %) sont des dynastes. Au moins 83 d’entre eux occupent également d’autres fonctions, telles que ministres ou membres de bureaux du parti. Le BJP compte notamment trois présidents d’assemblée : Rahul Narvekar (Maharashtra), Ritu Khanduri (Uttarakhand) et le fils de Raman Singh ( Chhattisgarh). Le fils de l’ancien Ministre en chef de l’Uttarakhand, B.C. Khanduri, est également un élu. À Delhi, les enfants de trois anciens ministres en chef – Madanlal Khurana, Sahib Singh Verma et Sushma Swaraj – sont également actifs en politique.
  • Pour le Congrès, 285 de ses 857 législateurs (33,26 %) sont des dynastes. Les familles de dirigeants historiques maintiennent la présence du parti dans leurs régions respectives. Par exemple, les descendants des anciens ministres en chef de l’Assam, Hiteshwar Saikia et Tarun Gogoi, sont de nouveaux visages du parti. Le fils de Gogoi, Gaurav, est chef adjoint du parti au Lok Sabha, et le fils de Saikia, Debabrata, est chef de l’opposition dans l’État. Le Ministre en chef du Telangana, Revanth Reddy, est le gendre de l’ancien ministre de l’Union S. Jaipal Reddy. D’autres dynastes éminents du Congrès comprennent Sachin Pilot, fils de l’ancien ministre de l’Union Rajesh Pilot ; Anupama Rawat, fille de l’ancien Ministre en chef Harish Rawat ; Tushar Amarsinh Chaudhary, fils de l’ancien Ministre en chef Amarsinh Chaudhary ; Deepender Singh Hooda, fils de l’ancien Ministre en chef Bhupinder Singh Hooda ; et Vikramaditya Singh, fils de l’ancien Ministre en chef Virbhadra Singh.

D’autres partis sont principalement dirigés par des familles exerçant un pouvoir régional, comme les Abdullah au Jammu-et-Cachemire, ou encore Mamata Banerjee et son neveu Abhishek au Bengale occidental.

L’enquête révèle également qu’au total, parmi les 1 174 dynastes siégeant dans les assemblées (parents de législateurs actuels et passés), on compte au moins 21 ministres centraux, 13 ministres en chef, huit vice-ministres en chef, 129 ministres d’État, quatre présidents d’assemblée et 18 dirigeants de partis.

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