Alors que les débats sur la sécurité des vaccins infantiles et la confiance dans les recommandations sanitaires font rage aux États-Unis, une enquête récente met en lumière l’influence croissante des réseaux sociaux sur les décisions des parents en matière de santé pour leurs enfants.
Un tiers des parents américains interrogés affirment avoir déjà été exposés à du contenu relatif aux vaccins infantiles sur les plateformes sociales. Pour près de trois parents sur dix, cette exposition à des informations sur la santé des enfants est un rendez-vous quasi quotidien ou hebdomadaire. Pourtant, une majorité écrasante (38 %) avoue éprouver des difficultés à discerner la fiabilité des informations médicales glanées en ligne, et seuls 15 % font confiance à un influenceur particulier pour des conseils de santé infantile.
L’omniprésence de l’information santé sur les réseaux sociaux
Même sans la rechercher activement, la majorité des parents (79 %) se retrouvent à consulter, au moins occasionnellement, des informations ou conseils sur la santé de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Pour 29 % d’entre eux, cette consultation est fréquente, se déroulant chaque semaine, voire chaque jour. Seul un parent sur cinq déclare ne jamais y être confronté.
Cette exposition est particulièrement marquée chez certains segments de la population : les parents de moins de 35 ans (36 %), les mères (35 %), les parents noirs (33 %), les parents hispaniques (36 %) et les parents se revendiquant démocrates (33 %) sont plus nombreux à déclarer consulter ces contenus au moins une fois par semaine.
La méfiance face aux influenceurs santé
Une part non négligeable du contenu santé partagé en ligne provient d’influenceurs, des personnalités suivies par de larges audiences. Dans un contexte où les grandes plateformes technologiques semblent s’éloigner de la vérification des faits par des tiers, évaluer la validité de ces messages devient un défi de taille.
L’enquête KFF/Washington Post révèle ainsi que si 35 % des parents estiment relativement facile de déterminer à quels conseils d’influenceurs santé se fier, près de quatre sur dix (38 %) jugent cette tâche « plutôt difficile » voire « très difficile ». Cette difficulté concerne tous les profils, indépendamment du genre, de l’âge, de l’origine ethnique ou de l’affiliation politique.
Seulement 15 % des parents déclarent avoir un influenceur spécifique en qui ils ont confiance pour des informations sur la santé infantile. Parmi eux, seulement 4 % sont capables de nommer cette personnalité. La grande majorité (58 %) n’identifie aucun influenceur de confiance dans ce domaine, tandis que 27 % ne consultent tout simplement pas ce type de contenu.
Les rares influenceurs nommés par les parents couvrent un large spectre, allant de médecins diplômés à des célébrités sans qualification médicale spécifique, témoignant ainsi de la diversité et de la qualité variable des sources.
Il est à noter que les parents plus jeunes (21 %), les parents noirs (21 %) et hispaniques (18 %) sont plus enclins à identifier un influenceur de confiance, bien que peu puissent le nommer précisément. De même, les parents ayant déjà retardé ou sauté des vaccinations sont plus susceptibles de faire confiance à un influenceur (20 %) que ceux qui suivent le calendrier vaccinal (14 %).
Interrogés sur leurs motivations, 84 % des parents estiment que les influenceurs santé sont principalement guidés par des « intérêts financiers », contre 15 % qui pensent qu’ils servent « l’intérêt public ». Cependant, les parents noirs et les plus jeunes sont légèrement plus nombreux à percevoir une démarche d’intérêt général chez ces influenceurs (26 % et 19 % respectivement), les mêmes groupes qui sont plus susceptibles de leur accorder leur confiance.
Vaccins infantiles : une exposition contrastée sur les réseaux sociaux
Les recommandations relatives aux vaccins infantiles ont fait l’objet d’une couverture médiatique accrue, suscitant des interrogations chez les parents qui se tournent parfois vers les réseaux sociaux pour trouver des réponses.
L’enquête révèle qu’un tiers des parents (34 %) ont déjà vu des informations ou des conseils sur les vaccins pédiatriques en ligne. Ce chiffre grimpe à près de la moitié (45 %) chez les parents ayant déjà retardé ou sauté des vaccinations non liées au Covid-19 ou à la grippe, contre 32 % chez ceux qui respectent le calendrier vaccinal.
Les mères (37 %), les parents de moins de 35 ans (38 %) et les sympathisants du mouvement « Make America Healthy Again » (MAHA) (37 %) sont également plus nombreux à déclarer avoir consulté du contenu en ligne sur les vaccins infantiles.
Environ un parent sur cinq (19 %) déclare voir un contenu « mélangeant » des arguments pro et anti-vaccination. Moins de parents rapportent voir du contenu « principalement pro-vaccin » (8 %) ou « principalement anti-vaccin » (7 %). Notamment, parmi les parents ayant retardé ou sauté des vaccinations, des proportions similaires indiquent voir du contenu majoritairement anti-vaccin (12 %) ou pro-vaccin (10 %), et un quart (24 %) voit un mélange des deux.
Les parents démocrates sont plus susceptibles que les républicains de consulter du contenu pro-vaccin en ligne (13 % contre 7 %), tandis que les proportions de contenu majoritairement anti-vaccin sont similaires (7 % et 8 %).
Malgré la méfiance générale envers les influenceurs santé et une certaine confusion ambiante quant à la véracité des informations en ligne, peu de parents affirment que l’exposition au contenu sur les vaccins pédiatriques sur les réseaux sociaux a facilité (4 %) ou compliqué (4 %) leurs décisions vaccinales. Un quart des parents (26 %) estime que cette exposition n’a eu ni l’un ni l’autre effet.
Ces proportions restent similaires selon l’âge, l’appartenance politique, la race et l’origine ethnique. Parmi les parents ayant retardé ou sauté des vaccinations, 9 % indiquent que le contenu des réseaux sociaux a facilité leurs décisions, 7 % qu’il les a rendues plus difficiles, et près d’un tiers (30 %) qu’il n’a pas fait de différence significative.