Publié le 10 février 2026 à 22h28. L’enquête norvégienne sur les liens entre des personnalités influentes et le délinquant sexuel Jeffrey Epstein s’intensifie, ravivant le débat sur la nature de son réseau : simple machine criminelle ou instrument aux mains de services de renseignement ?
- L’Økokrim, l’unité norvégienne de lutte contre la criminalité économique, enquête sur des dirigeants politiques norvégiens pour d’éventuels liens avec Jeffrey Epstein.
- Deux experts norvégiens en renseignement divergent sur la nature du réseau Epstein : l’un le considère comme une opération d’intelligence, l’autre comme une exploitation opportuniste par des services étrangers.
- Plus de trois millions de documents liés à l’affaire Epstein ont été publiés, mais l’accès à certains éléments clés pourrait révéler l’étendue de ses connexions et de ses activités.
La mort de Jeffrey Epstein en 2019 n’a pas mis un terme aux interrogations sur son réseau et les secrets qu’il emportait. L’ouverture d’une enquête par l’Økokrim sur des personnalités norvégiennes de premier plan a relancé les spéculations et les débats, tant dans les médias qu’au sein de l’opinion publique.
Ola Kaldager, un ancien chef du renseignement norvégien, estime que les méthodes d’Epstein rappellent celles employées par les services de renseignement russes, notamment la technique des « pièges à miel ».
« C’est presque une sorte de production industrielle de pièges à miel qui se déroule sous ses auspices »,
Ola Kaldager, vétéran du renseignement et ancien chef des espions.
Il explique que cette méthode consiste à compromettre des individus en les exposant à des situations délicates, afin de les manipuler ou de les faire chanter.
Kaldager n’exclut pas non plus des contacts entre Epstein et d’autres pays, notamment Israël. Il suggère que les services de renseignement ont pu voir en Epstein une opportunité unique pour obtenir des informations ou exercer une influence.
« Ce n’est pas nécessairement Epstein qui s’est engagé dans des travaux de renseignement. Mais pour les services de renseignement qui regardent la situation de l’extérieur, ils y voient une opportunité absolument phénoménale. C’est du gâteau pour les agents du renseignement »,
Ola Kaldager.
Tom Røseth, professeur agrégé à l’Académie norvégienne de défense, adopte une approche plus sceptique. Il estime qu’Epstein était trop imprévisible et trop risqué pour être un agent contrôlé par un service de renseignement.
« C’était une personne difficile à gérer. Il avait lui-même beaucoup d’argent et on ne sait pas s’il dépendait d’un service. Il est très risqué et constitue un énorme problème de réputation de travailler avec une telle personne, compte tenu des abus commis »,
Tom Røseth, professeur agrégé à l’Académie norvégienne de défense.
Il pense plutôt que les services de renseignement étrangers ont pu exploiter le réseau d’Epstein pour se rapprocher de personnalités influentes.
« Je pense qu’ils ont exploité son réseau plus qu’ils ne l’ont contrôlé »,
Tom Røseth.
Plus de trois millions de documents ont été rendus publics dans le cadre de l’affaire Epstein, mais de nombreux autres restent confidentiels. L’espoir subsiste que ces documents pourraient apporter des preuves concrètes sur la nature des liens d’Epstein avec les services de renseignement et sur l’étendue de son réseau. Røseth souligne que des enquêtes sont en cours pour déterminer si des individus ont été compromis ou chantage par Epstein.
L’affaire Epstein continue de susciter l’intérêt et l’inquiétude, et les questions sur son rôle et ses motivations restent sans réponse. Kaldager reste pessimiste quant à la possibilité de connaître un jour toute la vérité, tant que Donald Trump restera une figure influente.
Pour en savoir plus sur cette affaire :
Nous essayons d’aller au fond de toutes les rumeurs.
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Publié
10 février 2026, à 21h13
Mis à jour
10 février 2026, à 22h28