Publié le 2025-10-06 10:44:00. Des chercheurs néerlandais développent un nouvel outil prometteur pour détecter précocement les risques de dysplasie bronchopulmonaire (DBP) chez les nouveau-nés prématurés. L’objectif est de pouvoir anticiper la maladie et d’améliorer la prise en charge, tout en évitant des traitements potentiellement nocifs pour les nourrissons à faible risque.
Actuellement, le diagnostic de la dysplasie bronchopulmonaire (DBP), une maladie pulmonaire chronique fréquente chez les grands prématurés, peut prendre jusqu’à deux mois. Ce délai est lié à la nécessité d’observer si le bébé a eu besoin d’oxygène supplémentaire ou d’un soutien respiratoire pendant 28 jours. Or, l’identification des nourrissons qui développeront cette affection reste complexe.
Michelle Romijn, l’une des chercheuses impliquées dans ce projet, explique l’importance d’une détection précoce : « Nous voulons pouvoir identifier le risque plus tôt, car cela nous permettra de mieux soigner ces enfants. C’est dans cette optique que nous développons un modèle préliminaire, capable de signaler dès les deux premières semaines de vie les nourrissons présentant un risque accru de DBP. »
Ce modèle novateur repose sur l’analyse de trois ensembles de données :
- Des substances détectées dans l’air expiré par le bébé, qui sont des indicateurs potentiels de DBP.
- Des analyses sanguines permettant d’évaluer le fonctionnement des glandes surrénales.
- Des caractéristiques propres à l’enfant, telles que le sexe (les garçons étant légèrement plus à risque que les filles), le terme de la grossesse (entre 24 et 30 semaines), le poids à la naissance et le type de soutien respiratoire reçu.
La recherche, menée dans quatre hôpitaux aux Pays-Bas, suivra 350 nouveau-nés prématurés. Les données seront collectées à quatre moments clés : immédiatement après la naissance, puis aux troisième, septième et quatorzième jours de vie. Cette approche permettra de suivre finement l’évolution de chaque enfant et de prédire plus précisément ceux qui sont exposés à un risque de DBP.
L’un des objectifs majeurs de cette méthode est de permettre une prise en charge plus rapide et ciblée des bébés à haut risque. Parallèlement, elle vise à éviter que les nourrissons à faible risque ne reçoivent des médicaments dont les effets secondaires pourraient être préjudiciables.
Actuellement, les enfants présentant un risque élevé de DBP reçoivent souvent des corticostéroïdes. « Ces médicaments permettent de réduire l’inflammation dans les poumons et facilitent le sevrage de la ventilation », précise Michelle Romijn. « Cependant, ils présentent des inconvénients potentiels, car ils peuvent affecter le développement cérébral, tout comme la DBP elle-même. » L’idéal serait donc de prévenir l’apparition de la maladie pour éviter les complications futures, non seulement au niveau pulmonaire, mais aussi dans le développement cognitif et moteur, comme les retards dans l’apprentissage de la marche ou les difficultés scolaires.
Ce nouveau modèle d’évaluation du risque est considéré comme une étape déterminante. Il apportera une aide précieuse aux médecins et ouvrira la voie à de nouvelles recherches visant à optimiser les traitements. « En ciblant en priorité le groupe d’enfants les plus vulnérables, nous espérons pouvoir améliorer significativement leur prise en charge et déterminer les thérapies les plus sûres et les plus efficaces », ajoute la chercheuse. Pour les parents de bébés nés prématurément, cette avancée scientifique représente une source d’espoir et une plus grande clarté dans une période souvent empreinte d’incertitude.