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est-ce que ça suffira ? – DW – 16/10/2025

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Publié le 2025-10-16 13:40:00. L’Alliance atlantique a présenté un nouveau mécanisme de soutien militaire à l’Ukraine, basé sur des achats coordonnés d’armes américaines par les pays membres. Cette initiative, baptisée PURL, vise à répondre rapidement aux besoins de Kyiv et à envoyer un message ferme à la Russie.

  • Le programme PURL (Priority Ukraine Requirements List) permet aux alliés de l’OTAN et à l’Ukraine d’acheter des armes directement auprès des États-Unis, qu’il s’agisse de stocks militaires ou de productions industrielles.
  • Ce système, entré en vigueur en juillet 2025, est salué pour sa rapidité et son efficacité, contrastant avec les livraisons gratuites d’antan.
  • Plusieurs pays européens ont déjà engagé des fonds importants pour ce programme, avec un objectif d’un milliard de dollars par mois pour l’acquisition d’armes américaines.

Lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles le 15 octobre 2025, les détails du nouveau programme d’assistance militaire à l’Ukraine ont été dévoilés. Baptisé « Priority Ukraine Requirements List » (PURL), ce dispositif, fruit d’un accord entre l’OTAN et l’administration américaine, repose sur un modèle inédit : les membres de l’Alliance et ses partenaires acquièrent des armements auprès des États-Unis. Cette démarche permet non seulement d’approvisionner l’armée ukrainienne, mais aussi de soutenir l’industrie de défense américaine.

Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est réjoui de cette nouvelle approche. « Je suis très heureux que les États-Unis continuent d’approvisionner l’Ukraine, et que nos alliés aient contribué financièrement, renforçant ainsi l’Ukraine aujourd’hui et la plaçant dans la meilleure position pour négocier demain », a-t-il déclaré, s’adressant au chef du Pentagone, Pete Hegseth. Il a confirmé un flux continu d’aide létale et non létale, incluant des systèmes de défense aérienne de type Patriot.

Aucun acteur à Bruxelles ne s’attendait à un retour aux livraisons gratuites d’armes à l’Ukraine, comme sous l’administration précédente. Le PURL, perçu comme une solution efficace, répond rapidement aux besoins les plus urgents de Kyiv. Le processus est simple : l’Ukraine communique ses besoins à la mission de coordination du soutien de l’OTAN à l’Ukraine (NSATU). Celle-ci identifie les armes disponibles auprès des États-Unis, qui confirment leur capacité à les fournir rapidement et en quantité. Ensuite, les alliés se chargent d’acquérir ces aides.

À ce jour, six nations – l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège, le Danemark et le Canada – ont déjà investi 2 milliards de dollars dans le cadre du PURL. Selon Jens Stoltenberg, plus de seize pays membres de l’Alliance ont promis leur participation. L’Estonie, la Lettonie et la Slovénie font partie de ces contributeurs.

Les partenaires de l’Ukraine se sont engagés à couvrir un coût mensuel d’environ un milliard de dollars pour l’acquisition d’armes américaines. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a précisé que des achats supplémentaires d’une valeur de 3 milliards de dollars étaient prévus d’ici la fin de 2025. Berlin a, pour sa part, déjà alloué 500 millions de dollars à cette initiative en août.

Des responsables de l’OTAN ont souligné que les armements livrés ces deux derniers mois via le PURL ont déjà permis à l’armée ukrainienne de reprendre des territoires face à la Russie. « Le PURL dote l’Ukraine des capacités militaires de haute technologie dont elle a besoin sur le champ de bataille, et les lui fournit dès maintenant », a expliqué un haut responsable de l’Alliance. Ce programme aide non seulement l’Ukraine à poursuivre ses combats, mais aussi à obtenir de meilleurs résultats grâce à ces équipements de pointe.

Cette coopération étroite entre les États-Unis et leurs alliés européens constitue un signal fort adressé au Kremlin, manifestant la détermination de l’Alliance et sa volonté d’armer l’Ukraine pour lui permettre d’obtenir un avantage décisif dans le conflit.

Du côté ukrainien, les premiers résultats du nouveau programme sont accueillis positivement, notamment la coordination des approvisionnements en armes américaines par l’OTAN. Kyiv multiplie les discussions avec les pays membres de l’Alliance pour les encourager à rejoindre l’initiative ou à accélérer leurs contributions promises. Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est personnellement investi dans ces démarches.

Le Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a quant à lui lancé un appel pressant aux membres de l’Alliance pour qu’ils concrétisent leur soutien financier. « Le moment est venu pour tous les pays de l’OTAN de passer des paroles aux actes », a-t-il martelé, excluant tout « passager clandestin ».

Malgré la mise en place de ce nouveau mécanisme, l’aide militaire globale à l’Ukraine a connu une baisse significative durant les deux derniers mois de l’été. Selon l’Institut d’économie mondiale de Kiel (IfW), début 2025, alors que Washington cessait d’annoncer de nouveaux programmes d’aide, les pays européens avaient considérablement accru leur soutien. Cependant, en juillet et août, l’aide militaire a chuté de 43 % par rapport aux six premiers mois de l’année. Le PURL ne parvient donc pas encore à compenser entièrement le retrait de l’aide directe américaine.

« La réduction de l’aide militaire en juillet et août est inattendue. Malgré l’initiative PURL de l’OTAN, l’Europe dans son ensemble réduit son soutien militaire. Le facteur décisif sera l’évolution de ces chiffres à l’automne », a déclaré Christoph Trebesch, directeur de recherche à l’Institut de Kiel.

Ce programme, sans date limite fixée, bénéficie d’une planification financière étendue jusqu’en 2026, basée sur une enveloppe d’un milliard de dollars mensuel. Quant à l’implication future des alliés dans l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’achat d’armes pour l’Ukraine, un responsable de l’OTAN n’a pas souhaité commenter, compte tenu des montants nécessaires.

Le ministre ukrainien de la Défense, Denis Chmyhal, a indiqué que le programme PURL devrait évoluer vers un « méga-accord » avec Washington. Il a souligné la nécessité de continuer la coopération avec les États-Unis pour la production d’armes, et a exprimé sa conviction que Donald Trump et Volodymyr Zelensky trouveraient un terrain d’entente. « Ensuite, nous chercherons des sources pour financer l’Ukraine et soutenir le financement de nos partenaires », a ajouté Chmyhal, mentionnant les avoirs russes gelés comme une source potentielle.

Parallèlement, l’OTAN continue de coordonner l’aide à l’Ukraine et la formation de son armée via sa mission NSATU à Wiesbaden. Le Groupe de contact sur l’Ukraine, au format dit de « Ramstein », qui réunit plus de 50 pays, reste une plateforme essentielle pour la coordination de l’assistance militaire internationale. Au cours des huit derniers mois, ce groupe a collecté plus de 50 milliards de livres sterling en engagements d’aide militaire.

Kyiv estime ses besoins de défense pour 2026 à 120 milliards de dollars, dont la moitié serait couverte par des fonds propres. Le ministre ukrainien de la Défense a sollicité 60 milliards de dollars supplémentaires de la part de ses alliés.

Le second axe prioritaire d’assistance à l’Ukraine concerne les investissements dans son industrie de défense. L’Ukraine et l’OTAN voient un potentiel considérable dans la capacité de production ukrainienne et cherchent à y déployer des capitaux. Si le financement nécessaire est assuré, l’Ukraine pourrait produire 20 millions de drones en 2026, selon Denis Chmyhal.

« Il est évident que l’industrie de défense ukrainienne est puissante et innovante. Cela vaut la peine d’y investir. Et nous contribuerons à donner vie à des développements créatifs et à utiliser correctement les capacités existantes », a assuré Boris Pistorius. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont signé des accords bilatéraux avec l’Ukraine le 15 octobre pour renforcer leur coopération dans le secteur de la défense, visant notamment le développement et la production de masse de drones d’interception.

Les dirigeants de l’Union européenne appellent également à une coopération avec l’Ukraine dans le domaine de la production de drones, afin de réduire les coûts et les délais de livraison. La Commission européenne présentera une proposition plus détaillée à ce sujet le 16 octobre.

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