Publié le 24 septembre 2025 00:24:00. Face au risque croissant de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, les experts soulignent l’importance d’une stimulation cognitive continue. Si les jeux de logique ne constituent pas une pilule miracle, ils peuvent néanmoins jouer un rôle crucial dans le ralentissement de leur progression.
- La maladie d’Alzheimer altère progressivement les fonctions cognitives, mémorielle et comportementales.
- La stimulation mentale, par l’apprentissage et l’interaction sociale, est une piste de prévention privilégiée.
- Les jeux de réflexion et d’autres activités cérébrales pourraient retarder l’apparition des symptômes de la démence.
La maladie d’Alzheimer se caractérise par des altérations cérébrales évolutives qui nuisent à la pensée, à la mémoire, au raisonnement et même au comportement. Dans ce contexte, certains spécialistes mettent en avant l’intérêt de stimuler le cerveau par des activités permettant d’acquérir de nouvelles connaissances et d’entretenir des liens sociaux.
Parmi les activités recommandées figurent les jeux de logique tels que le Sudoku, les mots croisés ou les jeux de recherche de mots. Ces passe-temps sont considérés comme des outils efficaces pour stimuler les capacités cognitives et activer les neurones.

Il est crucial de maintenir les facultés cognitives actives.
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Adrian Owen, professeur de neurochirurgie cognitive à l’Université Western en Ontario, au Canada, tempère cependant ces propos. Selon lui, les bénéfices de ces divertissements tendent à être très spécifiques et ne se généralisent pas nécessairement à d’autres aptitudes mentales. Autrement dit, une activité précise permettra d’améliorer des aspects particuliers plutôt qu’une amélioration globale.
Néanmoins, le professeur Owen confirme que des activités comme la lecture, l’apprentissage d’une nouvelle langue, les jeux de société ou les mots croisés sont associées à un risque réduit de déclin cognitif. Certains chercheurs avancent même que le développement d’une « réserve cérébrale » tout au long de la vie, grâce à ces activités, pourrait permettre de retarder les effets de la démence.

Certains passe-temps aident à renforcer la résolution de problèmes et le raisonnement.
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D’autres experts suggèrent que les individus bénéficiant d’un niveau d’éducation plus élevé ou exerçant des professions intellectuellement exigeantes sont moins susceptibles de développer des maladies cognitives dégénératives. Le neurologue Joe Verghese de l’Université Stony Brook estime que :
« Ces activités n’empêcheront probablement pas les lésions cérébrales qui mènent à la maladie d’Alzheimer, mais elles peuvent retarder l’apparition des symptômes de plusieurs années. »
Joe Verghese, neurologue à l’Université Stony Brook
Le professionnel recommande donc d’investir dans des jeux offrant une « stimulation cognitive systématique ». Adrian Owen, quant à lui, conseille de se méfier des promesses commerciales non validées scientifiquement.
Samuel Gandy, chercheur au Mount Sinai Alzheimer’s Research Center, conclut que :
« L’important en fin de compte n’est pas le format du jeu, mais que le passe-temps parvienne à maintenir l’esprit en mouvement. »
Samuel Gandy, chercheur au Mount Sinai Alzheimer’s Research Center
STEPHANY GUZMAN AYALA
PORTÉE NUMÉRIQUE ÉDITORIAL