Publié le 24 octobre 2025. L’Agence européenne des médicaments (EMA) tarde à approuver le lécanemab, un traitement prometteur contre la maladie d’Alzheimer, laissant l’Europe à la traîne par rapport à d’autres continents et aux Pays-Bas, où les procédures administratives ralentissent son accessibilité.
Alors que le lécanemab ouvre une nouvelle ère dans le traitement de la maladie d’Alzheimer, l’Europe, et en particulier les Pays-Bas, accusent un retard considérable dans son approbation et sa mise à disposition des patients. Cette situation contraste vivement avec la rapidité d’action de pays comme les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et la Chine.
L’Agence européenne des médicaments (EMA) est confrontée à un enchevêtrement de procédures, de comités et de réévaluations, retardant ainsi l’accès à ce traitement. Les patients européens doivent attendre jusqu’à deux ans pour une décision déjà prise ailleurs. Pourtant, les retours d’expérience internationaux soulignent la gestion aisée des effets secondaires du lécanemab et une efficacité qui semble s’accroître avec une utilisation prolongée. Des traitements sont déjà en cours en Allemagne et en Autriche.
Aux Pays-Bas, le dossier est entre les mains de l’Institut néerlandais de la santé depuis janvier dernier. L’institution doit évaluer la rentabilité du lécanemab avant que le ministre de la Santé ne tranche sur son remboursement par l’assurance de base.
La maladie ne prend pas de pause
Le lécanemab n’est pas une panacée, mais il représente une avancée majeure, marquant le début d’une approche thérapeutique pour la maladie d’Alzheimer. À l’instar de ce qui s’est passé pour la sclérose en plaques (SEP), où un premier traitement coûteux a ouvert la voie à des alternatives plus accessibles et personnalisées, le lécanemab pourrait initier une dynamique similaire.
Le rythme effréné des découvertes scientifiques se heurte à la lenteur des processus décisionnels. Un successeur au lécanemab, le donanemab (Kisulna), est déjà disponible à l’étranger, mais son admission en Europe a également nécessité plus de deux ans d’attente.
Si la prudence et la rigueur dans les soins sont primordiales, il est crucial de discerner les délibérations qui engendrent des retards inutiles. Pour les dix à quinze mille patients éligibles à ce traitement aux Pays-Bas, la maladie progresse inexorablement. La question se pose : combien de temps encore devrons-nous attendre avant d’acquérir l’expérience et les connaissances nécessaires, alors que des patients sont déjà traités à l’étranger ? Quel est le coût humain de ce retard, combien de patients risquons-nous de perdre en chemin ?
Un dernier voyage empêché
Avec le lécanemab, Esther aurait peut-être eu l’opportunité de réaliser ce grand voyage qu’elle désirait tant. Au lieu de cela, elle n’a pu que faire ses adieux. Ses mots résonnent encore : « Si tout le reste échoue, emmenez-moi à la maison de retraite. Je travaille même sur la carte pour mes funérailles. »
Sur la photo qu’elle m’a envoyée la semaine dernière, son regard bleu, ses cheveux blonds et son sourire hésitant reflètent la prise de conscience du temps qui lui a été refusé. Esther n’a pas eu la chance de vivre au-delà de 39 ans.