Publié le 2025-10-18 11:34:00. Les infections rares mais sérieuses à Aeromonas, particulièrement en milieu rural américain, ont fait l’objet d’une étude sur quatre ans, soulignant la nécessité d’une identification et d’une prise en charge rapides.
- 26 isolats d’Aeromonas identifiés chez 21 patients entre octobre 2018 et décembre 2022.
- La majorité des cas concernaient des infections biliaires ou des tissus mous.
- Une couverture antibiotique empirique adaptée à une flore mixte est recommandée en cas de suspicion.
Une analyse rétrospective menée sur quatre ans, d’octobre 2018 à décembre 2022, a mis en lumière la gravité potentielle des infections invasives à Aeromonas, même si elles restent rares, particulièrement dans un contexte rural aux États-Unis. L’étude a recensé 26 isolats de cette bactérie chez 21 patients, dont l’âge médian était de 56 ans.
Parmi les cas documentés, six isolats provenaient d’hémocultures, et la majorité d’entre eux étaient liés à des infections biliaires. Quatorze patients ont présenté une infection des tissus mous, tandis qu’un cas de cholécystite aiguë a été observé. Ces observations rappellent que les infections à Aeromonas, bien qu’inhabituelles, peuvent rapidement évoluer vers des formes invasives et nécessitent une reconnaissance précoce par les professionnels de santé.
La répartition des espèces bactériennes a montré une prédominance de A. hydrophile ou A. caviae (18 isolats), suivis de A. sobria (2 isolats) et A. veronii (1 isolat). Dans dix cas, Aeromonas était le seul pathogène identifié. Cependant, les infections polymicrobiennes étaient fréquentes, étant présentes dans onze cas. Les co-pathogènes retrouvés incluaient des cocci à Gram positif, des bâtonnets à Gram négatif et des anaérobies. Cette observation souligne l’importance d’une stratégie de traitement empirique anticipant la présence d’une flore mixte lors de la suspicion d’une infection à Aeromonas.
Neuf patients ont nécessité dix interventions médicales ou chirurgicales, telles que le débridement de plaies, la cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE), la cholécystostomie percutanée et la cholécystectomie laparoscopique. Les antibiotiques de choix incluaient les fluoroquinolones, les céphalosporines de troisième ou quatrième génération, le triméthoprime-sulfaméthoxazole et la doxycycline. Toutes les infections ont été traitées avec succès. Un patient est décédé des suites d’un cancer du pancréas métastatique, sans lien direct avec l’infection à Aeromonas. L’association d’un contrôle de la source en temps opportun et d’un traitement antibiotique approprié semble être déterminante pour obtenir des résultats favorables.
Les cliniciens sont donc invités à considérer les infections à Aeromonas face à des présentations cliniques invasives, particulièrement en présence de pathologies biliaires ou d’atteintes des tissus mous. Une bonne compréhension du tropisme biliaire de cette bactérie est essentielle pour une imagerie précoce, une consultation chirurgicale rapide et le choix d’un traitement empirique couvrant d’éventuelles co-infections polymicrobiennes. La personnalisation des traitements antibiotiques, guidée par les données de sensibilité locale, et le contrôle définitif de la source infectieuse restent des piliers de la prise en charge.
Référence : Henrichs J et al. Expérience des infections invasives à Aeromonas dans un hôpital rural aux États-Unis d’Amérique. Surg Infect (Larchmt). 2025. doi : 10.1177/10962964251389150.