Home Santé Exposition à la trichloroéthylène liée à la maladie de Parkinson

Exposition à la trichloroéthylène liée à la maladie de Parkinson

0 comments 81 views

Une nouvelle étude publiée en octobre 2025 jette un éclairage préoccupant sur le lien potentiel entre l’exposition au trichloréthylène (TCE), un solvant industriel courant, et une augmentation significative du risque de développer la maladie de Parkinson. Ces découvertes, basées sur une vaste analyse de données de santé aux États-Unis, soulignent les dangers persistants d’une substance autrefois largement utilisée.

  • Une étude révèle que l’exposition professionnelle et environnementale au TCE pourrait accroître le risque de maladie de Parkinson.
  • L’association, dose-dépendante, a été observée dans une population américaine de plus de 220 000 cas de Parkinson.
  • Les chercheurs suggèrent que le TCE pourrait cibler spécifiquement les neurones dopaminergiques dans le cerveau.

Autrefois plébiscité pour ses propriétés solvantes dans des applications médicales, industrielles et grand public, le trichloréthylène (TCE) est un composé chloré désormais sous surveillance. Dès les années 1980, les autorités américaines ont commencé à restreindre son usage en raison de préoccupations sanitaires sérieuses, incluant la toxicité hépatique, les effets neurologiques et un potentiel cancérigène. Si son utilisation dans l’anesthésie, les aérosols dégraissants ou le nettoyage à sec est désormais interdite, le TCE demeure légalement autorisé pour le dégraissage industriel des métaux sous conditions contrôlées, comme intermédiaire chimique, et dans certaines applications de nettoyage spécialisées. Ces usages résiduels continuent d’engendrer des interrogations quant à leur impact sur la santé publique.

La recherche menée par Krzyzanowski et ses collègues, et relayée dans la revue Neurology en octobre 2025, suggère un lien fort entre l’exposition au TCE et la maladie de Parkinson (MP). L’étude, d’envergure nationale et basée sur une population, a analysé les données de 221 789 personnes diagnostiquées avec la MP parmi les bénéficiaires de l’assurance maladie américaine (âgés de 67 ans et plus), en les comparant à plus de 1,13 million de témoins appariés. Les résultats révèlent une corrélation claire et dépendante de la dose entre les concentrations ambiantes de TCE (à l’extérieur) et le risque de développer la maladie. Les participants exposés aux niveaux les plus élevés de TCE (le décile supérieur, soit 0,14–8,66 µg/m³) présentaient un risque accru de 10 % de développer la MP par rapport à ceux exposés aux concentrations les plus faibles.

Le mécanisme pathologique suspecté repose sur la capacité du TCE à nuire sélectivement aux neurones dopaminergiques. Il pourrait agir en perturbant la production d’énergie cellulaire via un dysfonctionnement des mitochondries, induire des dommages par stress oxydatif, et potentiellement activer la protéine LRRK2, un facteur de risque génétique connu pour la maladie de Parkinson.

Dans ce contexte, les épidémiologistes de GlobalData anticipent que le nombre de cas diagnostiqués de MP aux États-Unis pourrait atteindre 1,03 million en 2025, pour s’élever à 1,2 million d’ici 2033. Ces prévisions soulignent l’importance de toute mesure visant à réduire l’exposition aux facteurs de risque identifiés, y compris le TCE.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.